Le métro Saint-Paul est l’épicentre de ce qui fut longtemps le quartier juif de Paris. Ce haut lieu de la culture juive Ashkénaze est peuplé de gens venus de Pologne
et de Russie et parlant le yiddish. Ces quelques rues, à l’Ouest de la Place de la Bastille servent de décor à ces douze nouvelles. Il y a de tout dans ces courtes histoires : du baroque, du
surréalisme, du comique, du burlesque et même du fantastique, les héros en sont commerçants ou pères de famille ou poètes, voire morts… Mais elles ont un point commun : elles sont l’illustration
parfaite de l’humour juif.
Monsieur Tekniski vend des téléviseurs qui ne marchent pas, Jean Simpleberg na jamais franchi les limites du 4e arrondissement, Preverman écrit des poèmes que personne ne lit, Simon Kéversak réussit à se faire élire Président d’une association alors qu’il est déjà
mort, Léopold Guilgoulski se transforme en chien, le pharmacien Solotov traduit Hamlet en yiddish, Joseph Kulturklig vend des livres qu’il ne sait pas lire, Hugo
Kopsauer écrit une biographie de Jean-Jacques Rousseau, Modestschlosser exerce l’indispensable profession d’aide-penseur et Mendel Roginkes assiste à son propre enterrement.
C’est non seulement savoureux, mais très, très drôle. Ces histoires si humaines donnent au lecteur l’impression d’entrer dans une
sorte de quatrième dimension et dans un univers complètement exotique où tout individu sensé pratique le commerce, où tout commerçant se rêve en littérateur et où tout homme de lettres découvre
que seul le commerce nourrit son homme !


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