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Mardi 9 janvier 2007

Ce dernier roman d’Alice Ferney fut ma première grosse déception de la rentrée littéraire 2006. Pourtant le thème en est passionnant et correspond à l’une de mes préoccupations personnelles depuis longtemps : quelle image de moi ont les autres ? cette image coïncide-t-elle avec ma propre image de moi-même ? suis-je vraiment ce que je parais être ? ce que je suis est-il conforme à ce que je crois être ?

Le soir de ses vingt ans, Théo réunit amis et famille autour de lui. Son frère Niels lui offre un bien curieux jeu de société : à travers une série de questions très personnelles chacun doit donner son avis sur les autres. Malgré les réticences de certains, une partie s’engage pendant que la grand-mère est en train de mourir dans l’une des chambres de la maison.
 

Le roman est composé de trois parties qui racontent trois fois la même histoire, d’un point de vue différent. Dans « Choses pensées », nous entrons dans le crâne de chacun des personnages : nous découvrons leur histoire, leurs liens, leurs préoccupations, leur inquiétude par rapport au jeu. Dans « Choses dites », nous assistons à la soirée, comme à une pièce de théâtre. Enfin, dans « Choses rapportées », l’histoire est racontée de façon plus traditionnelle par un narrateur omniscient.

La première partie nous permet de faire connaissance avec les personnages et donc de vivre pleinement la seconde partie, qui est le cœur du roman : le jeu et les discussions qu’il occasionne. Mais si beaucoup de choses très intelligentes sont dites, le tout reste très caricatural, très exagéré, car à aucun moment je n’ai réussi à adhérer à la réalité de ce jeu. Toute cette histoire n’est que pure construction intellectuelle. Et la dernière partie m’a particulièrement ennuyée : revivre une troisième fois cette soirée n’apporte strictement rien au roman, et j’ai eu un mal fou à terminer.


Alice Ferney écrit très bien. Trop bien. Son style parfaitement ciselé ne laisse aucune place à l’émotion et aucune possibilité d’identification aux personnages. Je suis donc restée complètement à distance de cette histoire.


Actes Sud, 2006. – 531 p.


La critique très enthousiaste de Clochette.

Par Papillon - Publié dans : Littérature francophone
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