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Lundi 11 décembre 2006

Que peuvent bien avoir en commun Renée, cinquante-quatre ans, concierge, et Paloma, douze ans et demi, collégienne ? Certes, elles habitent le même immeuble, au numéro 7 de la rue de Grenelle, mais surtout elles dépensent beaucoup d’énergie pour dissimuler leur vraie nature…

Renée, une femme intelligente, curieuse et cultivée, essaie pourtant de se conformer en tous points au portrait type de la concierge : soupe aux choux, charentaises, syntaxe approximative et télévision. Elle savoure donc en secret ses passions coupables pour le thé au jasmin, la littérature russe et le cinéma japonais.

Quant à Paloma, c’est une enfant surdouée, mais qui ne veut surtout pas se faire remarquer, car l’ensemble des gens qui l’entourent, notamment les membres de sa très bourgeoise famille, lui paraissent très peu dignes d’intérêt. Sa conscience aiguë que la vie n’a aucun sens la pousse à concevoir un projet définitif : se suicider le jour de ses treize ans.

Paloma et Renée ne se connaissent pas. A peine se croisent-elles de temps en temps dans le hall de leur immeuble. Mais tout cela va changer le jour où Kazuro Ozu, un riche et raffiné japonais, s’installe dans l’immeuble…

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre, qui est bien plus qu’un roman. Oui, il met en scène une belle histoire d’amitié entre trois personnes que tout semble séparer mais qui ont en commun cet humanisme qui permet de voir et de rencontrer l’autre sans préjugé. Mais ce livre est aussi un conte moderne et une réflexion philosophique sur le sens de la vie. Muriel Barbery a une écriture à la fois sensible et réaliste, tour à tour légère et réfléchie. Oui, la peinture de cet immeuble bourgeois et de ses occupants n’est pas exempte de caricature, mais la simplicité du trait révèle la profondeur du propos.

Que je suis contente de l’avoir acheté, ce livre ! Il va rejoindre le coin des favoris, ceux que l’on aime avoir toujours sous la main pour en feuilleter les pages et en relire les passages soulignés. Et grâce à lui, je ne regarderai plus jamais les camélias de la même façon…


Gallimard, 2006. – 356 p.


Les critiques de Florinette, Cuné et So.

par Papillon publié dans : Littérature francophone
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