Photographié le 22 octobre au MoMA de New York
Comprendre pourquoi cette nouvelle forme d’art déplut autant au grand public est
l’objet de cet essai de José Ortega y Gasset, écrit en 1925 et traduit aujourd’hui pour le première fois grâce aux éditions Sulliver. José Ortega y Gasset (1883 – 1955) était un intellectuel
espagnol qui s’intéressa à la philosophie, à la politique et à la sociologie de l’art. Cet essai part d’un constat : l’art nouveau déplait au grand public, quel que soit le domaine : musique
(Debussy), littérature (Proust), peinture (Picasso) ou théâtre (Pirandello). Si le public n’est pas séduit, ni touché par ces nouvelles formes d’art c’est qu’il ne les comprend pas. Ortega y Gasset
suggère donc que cette nouvelle esthétique met à jour l’existence de deux publics : la masse d’un côté, l’élite de l’autre.
Ce tableau de Cranach l’ancien (1472-1553) met en scène un extrait de la Bible :
Judith vient de trancher la tête d’Holopherne, son violeur. C’est une toile qui présente des personnages et une histoire, qui confine au mythe, au symbole et à l’exemple.
En revanche, dans ce tableau de Kandinsky (1866–1944), il n’y a plus ni histoire, ni personnages. De la couleur,
des formes : c’est ce que Ortega y Gasset appelle « l’art artistique », l’art pour l’art, qui ne vaut que par son esthétisme. C’est la déshumanisation de l’art.
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