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Citation du jour :

« Seuls les fils sont comptables. Les filles ne sont rien. Une fille, qu'est-ce que c'est dans les textes sacrés ? Une Sudra. De caste inférieure. Du côté des servantes, quel que soit son rang. »

 

Catherine Clément, La princesse mendiante.

Samedi 26 avril 2008

©ecmu2006


C'est mon tour de fuir la ville pour aller respirer le bon air marin. Dans ma valise, j'emporte Pauline, mon billet pour le Club de lecture des blogueuses sera donc en retard...

Je vous retrouve dans deux semaines.


par Papillon publié dans : Entre nous
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Mardi 22 avril 2008

 

 



Mira est la princesse héritière d’un petit royaume du Rajasthan. Nous sommes au XVIème siècle et l’Inde hindoue traditionnelle est peu à peu soumise et envahie par les Moghols musulmans. A l’âge de cinq ans, Mira assiste au sacrifice rituel de sa grand-mère, qui suit au bûcher son époux défunt pour devenir sati, c’est-à-dire déesse. Brûlée vive, mais déesse. Peu après, la petit Mira se prend d’amour pour le dieu Krishna dont elle se croit l’épouse. Pour lui, elle chante, elle danse et elle compose des poèmes. A l’âge dix ans on la marie avec le puissant voisin, prince de Mewar. Mais elle ne sera jamais une véritable épouse, ni une véritable princesse. A la mort de son époux, elle refuse de devenir sati et préfère se faire mendiante sous le nom de Mirabaï et danser pour les plus pauvres, se consacrant tout entière à son dieu Krishna.

 

Mirabaï a réellement existé, ses poèmes nous sont parvenus, mais de sa vie on sait peu de choses. Catherine Clément adopte donc le ton du conte pour faire revivre cette figure mythique de l’Inde ancienne, en mêlant fiction et réalité. C’est un beau portrait de femme qu’elle nous offre, une femme qui renonce à ses privilèges et se rebelle contre le sort fait au femme, mais c’est aussi le portrait d’une illuminée, comme seule l’Inde semble en produire. Et c’est ce que j’ai le plus aimé dans ce roman : cette capacité de l’auteur à nous plonger dans une réalité indienne mystique, moite et cruelle, qui n’existe quasiment plus.

 


Editions du Panama, 2007. – 309 p.

par Papillon publié dans : Littérature francophone
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Vendredi 18 avril 2008

C’est le troisième roman de Kazuo Ishiguro que je lis, et j’ai retrouvé avec

beaucoup de plaisir la même atmosphère que dans les deux précédents, quoique dans un univers complètement différent.


Kathy, Ruth et Tommy ont grandi à l’Institut Hailsham, étrange pensionnat perdu dans la campagne anglaise, où on leur a appris à considérer leur vie comme très précieuse. Dix ans plus tard, Kathy revisite son enfance heureuse et analyse l’impact qu’elle a eu sur sa vie d’adulte.


C’est un roman d’anticipation que nous offre ici Kazuo Ishiguro et c’est un peu déstabilisant au début, car il nous plonge dans un monde déroutant dont nous ne connaissons ni les codes ni le langage. Pendant un tiers du roman, on ne comprend rien à ce qui se passe, mais on persiste parce qu’on s’attache à ces trois ados. Kazuo Ishiguro pratique une esthétique du dévoilement progressif, distillant ses indices au compte-gouttes et ferrant son lecteur à son hameçon…


Ce qui intéresse Kazuo Ishiguro au premier chef ce sont les relations humaines, et notamment cette ambiguïté qui existe souvent entre hommes et femmes, quand le sentiment oscille entre désire et amitié. Il met toujours en avant l’analyse psychologique, le décorticage minutieux, voire obsessionnel, des sentiments à travers le prisme du souvenir.


Dans ce roman d’anticipation j’ai surtout vu une subtile allégoriede la vie humaine, entièrement soumise au destin (dieux, savants ou politiciens : qu’importe, au fond, il y a toujours quelqu’un qui tire les ficelles), où seul l’amour peut éloigner l’idée de la mort. Mais cet amour est destiné à rester espoir, fantasme ou rêve enfui.


C’est finalement une vision assez noire du monde que met en scène Kazuo Ishiguro, puisque la fin révèle que l’art, la culture et l’éducation, loin de nous protéger contre les vicissitudes de l’existence ne font au contraire que nous rendre plus sensibles à la cruauté du monde.

Tous les liens vers d'autres avis sont chez Joelle.


Traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch.

Editions des Deux terres, 2006. – 441 p.

par Papillon publié dans : Littérature anglo-saxonne
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Lundi 14 avril 2008

Grâce à Laurence et au swap Noir c’est noir, j’ai enfin pu faire connaissance avec Sue Grafton et son abécédaire du crime.

 

Dans ce premier opus, nous faisons connaissance avec la détective privée Kinsey Millhone, trentenaire solitaire et tenace. Elle est engagée par Nikki Fife qui vient de purger une peine de huit ans de prison pour le meurtre de son mari, Laurence, un avocat à la réputation sulfureuse. Nikki se prétend innocente et veut que Kinsey retrouve le vrai coupable. Kinsey rouvre donc le dossier et découvre très vite que quelques jours après la mort de Laurence Fife, une jeune femme avait trouvé la mort exactement de la même manière : en avalant un médicament trafiqué. Les deux meurtres sont-ils liés ?

 

Un petit polar très efficace. Kinsey reprend une enquête vieille de huit ans et suit une méthode classique : interview des témoins, famille, amis, associés. La roman est écrit à la première personne, ce qui nous permet de suivre pas à pas toutes les hypothèses élaborées par Kinsey. Elle suit plusieurs pistes, s’égare, revient sur ses pas. C’est mouvementé à souhait, et riche en rebondissements. Bref, ça se lit tout seul ! Et j’ai adoré que Kinsey utilise des fiches cartonnées pour classer ses notes, méthode que j’ai personnellement utilisée pendant des années, mais pour un autre type d’enquête…


 


Traduit de l’américain par René Baldy.

Pocket, 2002. – 223 p.


par Papillon publié dans : Polars & Co
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Mercredi 9 avril 2008
Après le choc que fut la lecture du Journal d'Hélène Berr, je suis tombée dans une panne de lecture dont j'ai fini par sortir grâce à une auteure dont j'ai entendu parler pour la première fois chez Amanda. Je n'ai pas osé me lancer dans le premier roman  d' Amanda Eyre Ward, parce que le couloir de la mort, c'est un peu ce dont j'avais l'impression de sortir avec Hélène Berr...

Dans son deuxième roman Amanda Eyre Ward aborde le thème de la disparition. Trois soeurs grandissent dans une relation très fusionnelle qui leur permet de se protéger de leurs parents,  qui noient l'échec de leur mariage dans l'alcool (le père) ou les rêves (la mère). Les trois soeurs sont si malheureuses qu'elles décident de fuguer en volant la voiture de leur mère. Mais le matin du départ, la plus jeune, Ellie (cinq ans) disparait. Son absence qui reste inexpliquée fait exploser la famille. Quinze ans plus tard, la plaie est toujours ouverte. La mère parvient à convaincre sa fille ainée de se lancer à nouveau à la recherche de la disparue...

Amanda Eyre Ward parvient à nous embarquer tout de suite dans son histoire à travers la personnalité très attachante de son héroïne, Caroline, trentenaire un peu paumée qui n'arrive pas à vivre sa vie... La construction qui multiplient les points de vue est très astucieuse, à défaut d'être originale. J'ai passé un bon moment et pourtant ce roman qui traite d'une thème devenu (hélas) banal ne me laissera pas un grand souvenir... Et j'en ai voulu à l'auteure de me faire pleurer dans les dernières pages, avec ce happy end si américain et si artificiel...


Les avis de : Agapanthe - Clarabel - Flo - Cuné - Cathulu  et  Fashion.


Traduit de l'américain par Anne-Marie Carrière.
Buchet Chastel, 2006. - 260 p.


par Papillon publié dans : Littérature anglo-saxonne
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