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Car il faut être deux pour faire un livre : l'un écrit, l'autre lit. L'un tire, l'autre pousse ; l'un embrouille les fils, l'autre les déroule. A la fin, la bobine est vide : il ne reste rien. »

Jean-Pierre Ohl, Les maîtres de Glenmarkie.


Vendredi 3 juillet 2009

Bonne nouvelle : Woody Allen revient à New York et sort un vieux scenario de ses cartons. Et le résultat est plutôt réussi !

Boris, le héros très allénien de cette histoire, est un vieux misanthrope, hypocondriaque, névrosé et râleur. Génie autoproclamé, il a pourtant raté sa carrière, son prix Nobel, son mariage et, bien sûr, son suicide. Depuis, il boite, vit dans un appartement minable et gagne sa vie en apprenant le jeu d'échecs à des enfants qu'il engueule. De temps en temps, il dîne avec ses potes auxquels il explique à quel point le monde dans lequel nous vivons est pourri. Jusqu'au jour où il trouve devant sa porte une jeune fugueuse. Melody arrive du Mississipi d'où elle a fui une famille trop conformiste et une mère dominatrice. Elle est l'exact inverse de Boris : jolie, gaie, positive, inculte et naïve. Pourtant elle ne va tarder à tomber sous le charme vénéneux de Boris et lui faire une demande en mariage en bonne et due forme. Les tourtereaux commencent à peine à roucouler que la mère de Melody débarque. Ruinée, plaquée par son mari, elle est en pleine déroute et incarne l'américaine réac, pieuse et coincée. New York va avoir sur elle un effet dévastateur...

Qu'importe l'histoire, au fond : des couples qui se font, se défont, se mélangent dans une quête un peu désespérée de l'amour et du bonheur. Ce qui compte, ici, c'est la philosophie de l'histoire : la vie est difficile et le monde va mal, alors il faut faire confiance à la chance. Qu'importe que l'on aime une femme, un homme (ou plusieurs), un vieux, un jeune ou un mouton (sic !), du moment que ça marche... Les dialogues sont taillés au scalpel et fusent comme des flêches, comme au bon vieux temps de Anny Hall ou Manhattan, avec cette critique acide de l'Amérique d'aujourd'hui, raciste, inculte, sectaire et aveugle. Peut-être pas un grand Woody Allen, mais un bon Woody Allen, un de ceux qui font rire et réfléchir à la fois. Avec, en prime, une petite promenade touristique dans les rues de Manhattan.


Film américain (2009) de Woody Allen,
avec Larry Davis, Evan Rachel Wood, Ed Begley Jr.
Genre : comédie ; durée : 1h32.


Par Papillon - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 1 juillet 2009




Je trouve le titre de ce roman remarquable, car ces quatre mots en contiennent l'essence : d'un côté le double pluriel  annonce la certitude et la force d'être une famille, un clan, une tribu ; de l'autre, le passé implique un monde qui n'est plus...

Chez les Mulvaney, c'est la maison du bonheur. Ils sont six : les parents, qui s'adorent, trois fils et une fille. Michael, le père, est l'image même du self-made man à l'américaine : parti de rien, il a bati sa réussite et son entreprise à la force du poignet, par son travail et son énergie. Il est pourtant toujours en quête de reconnaissance sociale, au grand dam de sa femme. Curieux mélange de rusticité et de raffinement, Corinne est une mère fantasque et originale. Ils élèvent leurs enfants dans une grande ferme pleine de chats, de chiens et de chevaux, à la sortie de la petite ville de mont-Ephraim, dans l'état de New York. Et leurs enfants ont tous les talents : Mike, l'aîné, est le champion de foot du lycée, Patrick est un brillant élève et Marianne est une des filles les plus populiares du lycée. Quand au petit dernier, Judd, c'est celui qui raconte l'histoire, le témoin de ce qui fut et qui n'est plus...

Que s'est-il donc passé, ce soir de la Saint-Valentin 1976, soirée de bal ? Un drame qui ne sera jamais mis en mots, mais entraînera tous les maux...  Il y a d'abord les rumeurs de la petite ville, les regards en coin, les amis qui se détournent et le téléphone qui ne sonne plus. Le père n'accepte pas la vérité, tout en cherchant la vengeance, alors que la mère tente de maintenir tant bien que mal les apparences, quite à sacrifier une part d'elle-même. Et la famille va se désagréger sous les yeux effarés du lecteur. Chacun gère comme il peut sa culpabilité et son remords. Chacun trouve aussi un chemin pour se reconstruire, ailleurs, loin de la famille. Mike ne deviendra pas l'associé de son père, Patrick ne sera pas un brillant chercheur, Marianne ne fera pas un joli mariage et Judd grandira presque en fils unique. Loin du cocon familial, chacun trouve ce pour quoi il est fait...

Passés les trois premiers chapitres, dont le style m'a paru un peu obscur, j'ai été complètement absorbée dans cette histoire de famille presque tragique. Les personnages sont presque réels tant ils sont bien dessinés, on ne peut que les aimer, même dans leurs excès. On assiste, impuissant et effaré, à la chute de la maison Mulvaney, avec révolte parfois, avec compassion souvent, avec tristesse toujours. Un roman flamboyant qui se dévore jusqu'à la scène finale, si américaine, et que j'ai particulièrement aimée : une réunion de famille autour du barbecue du 4 juillet. La famille, c'est bon d'y retourner après avoir su la quitter.

Tous les avis du Blogoclub sont chez Sylire et Lisa.

Traduit de l'américain par Claude Seban.
Stock, 1998. - 597 p.


Par Papillon - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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Mardi 30 juin 2009


Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour une fois c'est l'été en été : on a ressorti nos jupettes, lunettes, sandalettes et on flâne à la terrasse des cafés, en sirotant un citron pressé, un oeil sur un roman, l'autre sur les beaux mecs qui passent les pigeons qui s'envolent. Bref, il y a dans Paris comme un air de vacances et je n'ai pas trop la tête à écrire des billets en ce moment...

Mais j'ai quand même eu un peu pitié de vous, des fois que vous auriez envie d'un truc bien frais... Destination le Wyoming en automne : blizzard assuré, neige à volonté, glace en option.

Shérif à Durant, comté d'Absaroka, c'est plutôt un job peinard. Il s'y passe tellement rien que l'on n'attend même pas Thanksgiving pour accrocher les décorations de Noël dans les rues... Walt Longmire, qui occupe le poste depuis un petit quart de siècle, attend le retraite avec bonhommie : "Elle avait peut-être frappé à la porte, mais je n'avais pas entendu parce que j'observais les oies. J'observe beaucoup les oies en automne, quand les jours raccourcissent et que la glace ciselle les contours rocheux de Clear Creek." Aussi quand on lui annonce le découverte d'un cadavre dans un champs à la sortie de village, il se marre, persuadé de trouver "un mouton crevé". Erreur. Il s'agit d'un corps humain, et même d'un humain connu : Cody Pritchard, impliqué trois ans plus tôt dans le viol collectif d'une jeune indienne, mentalement déficiente, Melissa Little Bird, et condamné à une peine très légère. Ils sont nombreux ceux qui révaient de l'envoyer ad patres... Au premier rang desquels Henry Standing Bear, oncle de Melissa, tireur d'élite et... meilleur ami de Walt.

Le grand charme de ce polar très classique repose avant tout sur la personnalité très attachante de Walt Longmire, sorte de gros nounours bourru, tendre, fin psychologue quoique vaguement dépressif, mais aussi sur ces beaux paysages du Wyoming, et surtout sur le duo improbable que forment Walt et Henry, dont les dialogues ressemblent à des parties de ping-pong et dont l'amitié inoxydable est née dans le jungle vietnamienne. Un roman qui sert de prétexte à nous montrer les difficultés de cohabitation entre la communauté indienne et la communauté blanche. Nous sommes au pied des Big Horn Mountains et à deux pas de Little Big Horn, où les indiens ont mis la pâtée à Custer en 1876. Depuis, les indiens ont définitivement perdu la guerre et abandonné les vastes plaines à bisons pour une réserve où les seules perspectives d'avenir sont la misère et l'alcoolisme. Walt Longmire est un trait d'union entre les deux communautés. Son respect pour les indiens et leurs traditions lui vaudra l'aide inattendue des "Vieux cheyennes" dans une scène fantasmagorique, car ce roman n'est pas exempt de fantômes...

Le roman d'une autre Amérique.


Un "petit oiseau" qui a déjà séduit InColdBlog, Amanda, Emeraude, Cathulu et Brize.

Traduit de l'américain par Sophie Aslanides,
Gallmeister, 2009. - 409 p.

 
Par Papillon - Publié dans : Polars & Co
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Lundi 22 juin 2009





Aujourd'hui, ce blog, créé au bureau par un après-midi d'ennui, a trois ans. Et si je devais résumer ces trois années, je dirais que la première fut expérimentale, la seconde riche en rencontres et évènements divers et la troisième... laborieuse ! Mais finalement, j'ai résisté aux coups de vent et aux pannes en tous genres et me voilà prête pour une nouvelle année d'aventures littéraires !

Merci, donc, à tous ceux qui passent ici, qui me lisent et m'écrivent. Et bravo à cette blogoboule de lecture dont les richesses et les talents ne cessent de me surprendre et de m'enchanter !


Par Papillon - Publié dans : Entre nous
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Mercredi 17 juin 2009

Je sais : en principe, le mois des voeux c'est janvier et nous sommes en juin... Mais Essel m'a tagguée et comment résister à un tel tag ?

Voici les règles :
Écrire huit souhaits
Dire à quoi font penser les dix mots donnés
Dire un mot sur sa tagueuse
Taguer 8 personnes et les prévenir



1. Changer de boulot : trouver un job dans Paris, avec un boss qui soit un vrai boss (et qui parle français, soyons fous !) ou mieux : plus de boss du tout !

2. Voir le parti socialiste arrêter de faire des conneries, parce que là c'est juste plus possible...
 
3. Rencontrer en vrai ces blogueuses que j'admire et que je ne connais pas encore, parce que c'est vraiment génial les rencontres de blogueur(se)s.

4. Atteindre les 4000 m d'altitude. A pieds, bien sûr.
 
5. Avoir le cran de chanter en soliste et en public. Une fois, pour voir.

6. Avoir le bonheur d'être bientôt grand-tante, à défaut d'être grand-mère.
 
7. Dîner avec Shakespeare, pour connaître le fin mot de l'histoire.

8. Oser faire le truc de fou qui me trotte dans la tête depuis lundi 20h37....


Message : contact
Blog : échanges
Prix : littéraire
Croix : de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer
Scrap : ne passera pas par moi
Création : art
Bonheur : éphèmère
Vie : fragile
Enfant : bonheur
Passion : vie

Ma taggueuse Essel tient un des premiers blogs que j'ai lus,  elle est très discrète sur la blogosphère mais très active sur son blog, où elle livre des lectures aussi variées que savantes.

Après une exploration approfondie de la blogosphère, j'ai réussi à trouver huit personnes qui n'ont pas encore fait ce tag : Amy, Alex, Calepin, Dominique, Elfique, Julien, La Nymphette, Maijo.
A vos plumes !


Par Papillon - Publié dans : Entre nous
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Quoi de neuf ?


Le Prix Landerneau 2009

a eté attribué
à




Un dieu un animal
de
Jérôme Ferrari

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1er septembre 2009




La tournée d'automne
de
Jacques Poulin

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1er novembre 2009

BORIS VIAN


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