L'avantage avec Paul Auster, c'est que même quand il est moins bon, il reste très bon, ce qui est la marque d'un grand écrivain. Son dernier opus est peut-être un peu moins brillant que les précédents, mais personnellement j'aime toujours autant l'atmosphère particulière de ses romans, son style fluide et ses thèmes favoris : l'identité, le hasard, le destin, la famille. Et voilà encore Paul Auster qui multiplie les personnages et emboîte les histoires improbables, comme à son habitude. Il nous décrit un Brooklyn idéal où on peut adresser la parole à une jeune femme sur un trottoir, où on se rend à pied à son travail, où tous les voisins deviennent des amis, où tous les amis habitent dans le même quartier. Il y a d'ailleurs le rêve d'une vie utopique et idéale dans une maison isolée à la campagne. Ce rêve fera long feu, mais c'est Brooklyn qui deviendra le lieu de tous les bonheurs.
Auster nous raconte comment une poignée de gens déboussolés, en panne dans leur vie, vont reprendre leur destin en main grâce à des rencontres, des coïncidences, de l'amitié, et une même vision de la vie. Tout le monde a le droit a une seconde chance (même l'Amérique ?). Face aux maux de l'Amérique moderne (cupidité, violence, Bush), le remède semble être l'amitié, la famille, la solidarité. La fin est un peu sucrée : tout le monde s'aime, tout le monde trouve son bonheur, ces pièces dépareillées ont réussi à bâtir une petite communauté heureuse. Et tout s'achève par un avion qui transperce le World Trade Center...
C'est peut-être parce que ce roman a été écrit après le traumatisme du 11 septembre qu'il exalte autant les valeurs humanistes : un peu de douceur dans ce monde de brutes ?


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