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Samedi 9 juin 2007


boyd.jpg Voilà une histoire quicommence de la façon le plus banale qui soit. Et pourtant…

A Oxford, en 1976, Ruth Gilmartin élève seule son petit garçon et gagne sa vie en donnant des cours d’anglais à des ingénieurs étrangers. Quand, soudain, sa mère, charmante vieille anglaise de soixante-cinq ans, se met à avoir un comportement des plus étranges : persuadée d’être surveillée, elle se met à observer ses voisins, achète un fauteuil roulant, et… un fusil ! Ruth commence à penser que sa mère souffre de sénilité quand celle-ci lui fait une révélation inattendue : elle s’appelle en fait Eva Delectorskaya et a été membre des services d’espionnage anglais pendant le seconde guerre mondiale. Et elle confie à Ruth un manuscrit où elle raconte sa vie.

Eva Delectorskaya est née en Russie, pays que ses parents se sont empressés de fuir après la révolution communiste. En 1939, Eva vit à Paris. Alors que les rumeurs de la guerre commencent à ébranler l’Europe, son frère est assassiné lors d’un meeting politique. Peu après, Eva est contacté par un mystérieux inconnu qui lui propose d’intégrer les services secrets anglais. Eva accepte, pour venger la mort de son frère…

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu une histoire d’espionnage. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis la fin de la guerre froide, l’espion a perdu beaucoup de son charme. Mais ce roman est si habilement construit que j’ai plongé tête la première. L‘histoire d’Eva nous est racontée en alternance avec celle de sa fille et, bien sûr, les deux histoires ne vont pas tarder à se rejoindre. Au fil des pages, les aventures d’Eva deviennent de plus en plus palpitantes et insensiblement un suspense s’installe… Préparez vous à une nuit blanche, car il vous sera bientôt impossible de lâcher cette jolie espionne anglaise.

C’est du grand William Boyd qui, en plus, nous raconte un épisode méconnu de la guerre : comment les anglais ont manipulé l’opinion américaine pour obliger les Etats-Unis à entrer en guerre. Intéressant de voir comment la presse peut manipuler l’opinion avec des histoires fausses : de quoi méditer, par les temps qui courent…


D'autres avis : Agapanthe - Gambadou - Bernard


Traduit de l’anglais par Christiane Besse.
Seuil, 2007. – 333 p.

 

 

Par Papillon - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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