Une enfance australienne - Sonya Hartnett
Adrian est un petit gars de neuf ans qui vit dans la banlieue triste d'une ville quelconque. Adrian est un petit gars comme les autres. Enfin, non... pas tout à fait. Retiré à sa mère, abandonné par son père, il a fini par atterrir chez sa grand-mère. Une grand-mère autoritaire qui se trouve un peu trop vieille pour jouer à la maman, une grand-mère qui élève ce petit garçon comme elle a élevé ses propres enfants, donc avec un je-ne-sais-quoi d'un peu démodé. Dans la maison, il y a aussi l'oncle Rory qui vit en reclus depuis qu'un accident tragique a brisé sa jeunesse. De son enfance un peu chaotique, Adrian a hérité une inquiétude diffuse.« Car Adrian a peur. C’est une habitude. Il a peur des sables mouvants, des raz-de-marée, de la combustion spontanée, de la nuit. Il a peur des monstres marins, des armoires, de la foule, d’être oublié, de perdre sa route. »
Alors Adrian s'accroche à ses repères : la maison, l'école, son copain Clinton. Mais des évènements inquiétants se produisent. Trois enfants disparaissent, deux filles et un garçon. Puis une famille vient s'installer dans la maison vide d'en face. Avec trois enfants : deux filles et un garçon...
Voilà une histoire qui commence dans l'ennui d'une petite ville chaude et poussièreuse. Les jours passent, semblables les uns aux autres, mais pas vraiment, quelques évènements presque anodins viennent dérégler le quotidien d'un petit garçon. Une angoisse diffuse s'installe, le pressentiment qu'une catstrophe est en route, une catastrophe presque ordinaire et tragique. Et peu à peu, le lecteur se sent pris dans un étau d'angoisse, sans pourtant imaginer un seul instant ce qui s'annonce. La fin nous laisse à bout de souffle, parce que le danger n'est jamais là où on l'imagine.
Vous n'êtes pas prêt d'oublier Adrian. Et Sonya Hartnett m'a complètement bluffée.
Le Serpent à plumes, 2010. - 198 p.
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