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Samedi 16 février 2008

« Le docteur Clifton vint me voir. Il m’ausculta et me posa des tas de questions. « Insomnies ? Sommeil irrégulier ? Cauchemars ? »

 

Par trois fois , j’acquiesçai de la tête.

 

« C’est bien ce que je pensais. »

 

Il prit un thermomètre et me demanda de le mettre sous la langue, avant de se lever et d’aller à la fenêtre. « Et que lisez-vous ? » me demanda-t-il, le dos tourné.

 

Avec le thermomètre dans la bouche, je pouvais difficilement répondre.

 

« Les Hauts de Hurlevent… vous avez lu ?

 

— Hm-m…

 

— Et Jane Eyre ?

 

— Hm-m…

 

Raison et sentiments ?

 

— Hm-m… »

 

Il se retourna et me regarda, l’air grave. « Et ces livres, je suppose que vous les avez lus plus d’une fois ? »

Je hochai la tête, et il fronça les sourcils.

 

« Lus et relus ? A de nombreuses reprises ? »

 

Nouveau hochement de tête. Et froncement de sourcils plus prononcé.

 

« Depuis l’enfance ? »

 

J’étais déconcertée par ces questions, mais le sérieux de son regard m’obligea à acquiescer une nouvelle fois.

 

(…)

 

Il me retira le thermomètre de la bouche, croisa les bras, et rendit son diagnostic. « Vous souffrez du mal qui affecte généralement les femmes à l’imagination romanesque. Au nombre des symptômes, on peut citer les évanouissements, la fatigue, la perte d’appétit, la dépression. On serait tenté d’attribuer la crise à une sortie sous une pluie glacée sans protection imperméable adéquate, mais il est probable que, à un autre niveau, plus profond, c’est un choc émotionnel qui en est la cause. Toutefois, contrairement aux héroïnes de vos romans préférés, votre constitution n’a pas été affaiblie par les conditions difficiles des siècles précédents. Pas de tuberculose, pas de polio dans l’enfance, pas d’environnement insalubre. Vous survivrez. »

 

(…)

Je consultai l’ordonnance. D’une écriture vigoureuse, il avait inscrit : Sir Arthur Conan Doyle, Les aventures de Sherlock Holmes. Prendre dix pages, deux fois par jour, jusqu’à épuisement du stock. »


Diane Setterfield, Le treizième conte.

par Papillon publié dans : Ma vie de lectrice
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Dimanche 25 mars 2007

Pour commencer, je dois avouer que je n'ai pas visité ce salon de façon très professionnelle... Donc, pour un vrai reportage avec photos, comme si vous y étiez, je vous conseille de faire un tour chez Tamara.


Je suis arrivée Porte de Versailles vers 11h30, au moment précis où un courageux rayon de soleil réussissait une percée à travers la couche de nuages qui couvre Paris depuis une semaine, nous offrant un petit coin de ciel bleu.

Première bonne surprise : très peu de monde. Pas de queue aux caisses, des allées dégagées où il fait bon flâner, des stands presque vides où des piles de livres n'attendent que moi...

Je n'ai pas fait de plan pour ma visite, sauf :
1) ne pas acheter de livres (ma PAL fait 1 km de haut),
2) rencontrer quelques blogueurs, dont Cathe.
Première mauvaise surprise : il n'y a pas de "Point de Rendez-vous" ! Heureusement que Cathe a pris soin de laisser un message au Point Info, je sais où la retrouver. Je peux donc me livrer complètement à ma flanerie livresque.

Sur le plateau de France 3, Alain Rey parle de francophonie. Chez Actes Sud, un libraire du Scribe donne avec passion mille raisons de lire José Carlos Somoza. A la "Terrasse politique", Marc Dugain explique qu'il votera pour Mr B. parce que Mme R. ne représenta pas vraiment la gauche (quel drôle de raisonnement...), à quoi François Bégaudeau répond que le problème de la classe politique française est son désir de romantisme. Je ne comprends pas grand chose à son argumentation et je m'éloigne. Chez Christian Bourgois, j'admire la beauté des couvertures, chez Métaillé je manque de craquer pour Arnaldur Indridason et Leonardo Padura. Mais je résiste bravement, forte de ce proverbe rapporté de Chine : "A quoi bon posséder, voir suffit". Chez Viviane Hamy, je m'amuse des petits post-it collés sur chaque titre, donnant en deux phrases de bonnes raisons de le lire. Chez Picquier, le spécialiste de la littérature asiatique, j'ai envie de tout acheter, donc je n'achète rien ;-)

Tout à coup ja m'avise que s'il y a si peu de monde, c'est tout simplement parce qu'il y a encore peu d'auteurs : la plupart des dédicaces ont lieu dans l'après-midi. Chaque fois que je vois un attroupement quelque part, c'est un éditeur pour la jeunesse où des grappes de bouts de chou s'installent pour lire en toute impunité. Et ça fait vraiment plaisir de voir tous ces futurs lecteurs compulsifs !

Je fais une pause sandwich dans l'un des "Espace repos". C'est bientôt l'heure du rendez-vous avec Cathe. Je note chez Albin Michel une queue de cent mètres pour Bernard Werber, qui n'est même pas encore arrivé...

Je retrouve Cathe devant la "Terrasse politique", où nous sommes bientôt rejointes par Renaud. Nous papotons pendant près de deux heures  de blogs, de littérature jeunesse, de point de croix, de bibliothèque et de documentation, de littérature japonaise, de Taniguchi et de mangas, et de plein d'autres trucs que j'ai oubliés ! Pendant ce temps, la foule commence à arriver. Il fait très chaud, il y a du monde partout. Nous appercevons Jean-Pierre Mocky, puis Antoine en chemise à fleurs et nous croisons la longue file d'attente des fans de Jean-Paul Dubois.

Et voilà. Nous nous dirigeons tranquillement vers la sortie où Cathe retrouve son mari et moi mon métro.

Au revoir, Salon du Livre et à l'année prochaine !

PS: j'avoue.... J'ai quand même craqué sur deux titres de Babel : La musique du hasard de Paul Auster et Le moine, l'ottoman et la femme du grand argentier de V. Khoury-Ghata.
par Papillon publié dans : Ma vie de lectrice
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Samedi 24 mars 2007


A la demande Katell, je vous livre mes réponses au jeu des 4 :


Les 4 livres de mon enfance :

  • - La série du Club des cinq d'Enid Blyton,
  • - La série des Alice de Caroline Quine,
  • - Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott,
  • - Un livre qui m'avait beaucoup marquée et dont j'ai oublié le titre : l'histoire de Jehan, fils de paysans très pauvres qui devient troubadour.
 

Les 4 écrivains que je relirai encore et encore :
  • - Jim Harrison,
  • - Nancy Huston,
  • - John Irving,
  • - Paul Auster.
 
Les 4 auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus:

  • - Philippe Djian,
  • - Jean-Paul Dubois,
  • - John Grisham,
  • - Mary Higgins Clark.
 
Les 4 livres que j'emporterai sur une île déserte:

  • - Les oeuvres complètes de Jane Austen,
  • - Les œuvres complètes de William Shakespeare,
  • - La Bible,
  • - Les fleurs du mal de Baudelaire.
 
Les 4 premiers livres de ma liste à lire:
  • - Les années douces de Hiromi Kawakami,
  • - Marilyn dernières séances de Michel Schneider,
  • - Là-bas de Peter Cameron,
  • - La femme en vert de Arnaldur Indridason.
 
Les 4 x 4 derniers m
ots d'un de mes livres préférés:


" .. Car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n'était pas donné sur terre de seconde chance."

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez.

 
  •  


Les 4 lecteurs/lectrices dont j'aimerais connaître les 4:

 
par Papillon publié dans : Ma vie de lectrice
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Vendredi 9 février 2007




Après Essel, Flo, Cuné, Carole et Hervé, c'est à mon tour de vous livrer mes commandements de blogueuse :

 

1 - Le plaisir de lire toujours tu suivras

2 - De faire partager ton amour des livres tu essaieras

3 - A ta curiosité jamais tu ne renonceras

4 - Avec honnêteté, sincérité et respect tes critiques tu rédigeras

5 - La facilité tu éviteras

6 - Les avis différents tu respecteras

7 - Publicité et promotion tu fuiras

8 - Aux commentaires tu répondras

9 - Les autres blogs littéraires tu liras

10 - Tes choix personnels toujours tu assumeras.


Tout cela a l'air bien sérieux, donc j'en ajoute un 11e :

 "De t'amuser jamais tu n'oublieras" :-))



par Papillon publié dans : Ma vie de lectrice
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Dimanche 7 janvier 2007



Alors que les libraires s'apprêtent à déblayer leurs étagères des romans de l'automne 2006, pour faire place aux romans de l'hiver 2007, je m'interroge à nouveau sur le marché de l'édition… Que sont devenus les sept cents et quelques romans de la dernière rentrée littéraire ? Une telle production est-elle vraiment raisonnable, quand on sait que des milliers d'auteurs aspirent à se faire publier, que ceux qui publient ont souvent du mal à vendre, et que ceux qui vendent ont bien du mal à en vivre ? Quant à nous, lecteurs, quelle proportion de cette pharaonique production sommes nous capables d'ingurgiter ? Je sais : ces questions reviennent à chaque rentrée littéraire sans que personne ne parvienne à leur donner de vrai réponse… Et pendant ce temps, des auteurs écrivent, des éditeurs publient, des libraires vendent et des lecteurs lisent…

 

Revenons donc à nos moutons : la lecture, et à l'objet initial de ce billet, qui était de dresser un petit bilan personnel de ma rentrée littéraire 2006.

 

Voici donc ce que j'ai lu :

 

  • Littérature française


L’élégance du hérisson
de Muriel Barbery
Puisque rien ne dure
de Laurence Tardieu

Quartier général du bruit de Christophe Bataille

Fils unique de Stéphane Audéguy

Ouest de François Valléjo

Le grand soir de François Dupeyron

Les autres d’Alice Ferney

 

  • Littérature étrangère
  •  
Lignes de faille de Nancy Huston

L’histoire de l’amour de Nicole Kraus

A la vitesse de la lumière de Javier Cercas

Je te retrouverai de John Irving

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer

Une canaille et demie de Iain Levison

Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson

 

Je les ai tous aimés, sauf celui d'Alice Ferney. Mais je donne une mention toute particulière à Muriel Barbery et Nancy Huston.

 

  • Ce que j'aimerais lire :


Michel Schneider - Marilyn, dernières séances

Kate Atkinson - Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux

Laurent Mauvignier - Dans la foule

Alain Mabanckou - Mémoires d'un porc-épic

Léonora Miano – Contours du jour qui vient

Agnès Desarthe – Mangez-moi

Jean-Philippe Blondel – Passage du gué

 

Je remercie au passage Cathe et ses collègues pour leur palmarès qui m'a bien guidé dans mes choix, et ma bibliothèque, qui avait mis tous ces romans à son catalogue.

 

En conclusion : cette rentrée littéraire m'aura enfin réconciliée avec la littérature française. Non, les écrivains français ne font pas que de l'autofiction nombriliste. Oui, certains inventent de vraies histoires et ont un vrai beau style personnel.

 

 

par Papillon publié dans : Ma vie de lectrice
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