Esteban est venu à Paris pour étudier la littérature. Il vit dans une petite chambre de bonne, crève de faim et ses études
l’ennuient. Heureusement Esteban fait beaucoup de rencontres, pour la plupart des immigrés comme lui, venus à Paris pour fuir la pauvreté ou la dictature. Tous mènent une vie de galère et trouvent
leur seule consolation dans une vie sexuelle débridée.
C’est bien d’immigration dont il est question dans ce roman. La vie de bohême que mènent Esteban et ses amis n’a rien de romantique : c’est la misère noire, le
manque d’argent, la solitude, la peur de se faire arrêter par la police. Tous ceux que croise Esteban, coréens, sénégalais, roumains, marocains, latino-américains, ont rêvé de la France comme
d’une terre promise et découvrent la réalité cruelle d’un pays qui ne veut pas d’eux. Gamboa nous montre un Paris qui est bien loin de la carte postale touristique que l’on connaît : le
Paris des chambres de bonnes, des ruelles glauques, des restaurants crasseux, une ville battue par les vents et noyée sous la pluie.
Mais il y a quand même beaucoup d’espoir dans cette histoire. Une immense solidarité unit tous ces damnés de la terre. Santiago Gamboa a une grande tendresse pour
ses personnages et beaucoup d’humour, pour que même les situations les plus tragiques n’apparaissent jamais comme complètement désespérées. Son roman, au style très fluide, se dévore comme une
sarabande érotique et littéraire car le lecteur s’attache à Esteban et le suit dans toutes ses errances dans cette ville inhumaine où les gens sont susceptibles de disparaître du jour au
lendemain.
Merci à Cuné pour cette découverte !
Traduit de l’espagnol (Colombie) par Claude Bleton. – Métailié, 2007. – 359 p.
ajouter un commentaire commentaires (9) créer un trackback recommander




Les trois héros de ces trois histoires pourraient être un seul et même homme : un macho sentimental, un dur qui joue les gros bras mais fond devant une
jolie femme…
Luz est née en Argentine en 1976, sous la dictature des militaires, période troublée et violente pendant laquelle tous les opposants au régime étaient
systématiquement arrêtés, torturés et assassinés dans le plus grand silence. Des disparus, voilà ce que ces gens sont devenus, des disparus auxquels on a volé leurs enfants pour les donner à
leurs tortionnaires. Vingt ans après, alors qu’elle vient de donner naissance à un petit garçon, Luz s’interroge sur son passé, son histoire, ses parents. S’en suivra une longue quête identitaire
qui la conduira jusqu’à Madrid, sur les traces d’un père improbable.
Depuis qu’il a quitté la police, dix ans plus tôt, Mario Conde achète et vend des livres anciens. En effet, asphyxiés par le crise économique, les cubains meurent de faim et sont prêts à vendre leurs biens les plus chers (meubles, porcelaines, œuvres d’art) contre quelques dollars. C’est comme ça qu’une grande partie du patrimoine cubain quitte le pays. Mais les affaires sont difficiles : plus grand chose à acheter dans ce pays. Pourtant, un jour, le Conde se trouve nez à nez avec une bibliothèque comme en rêvent tous les bibliophiles, une bibliothèque qui dort depuis quarante-trois ans et qui contient tous les trésors de la bibliographie cubaine. Pour le Conde, c’est la richesse assurée. Mais, entre les pages de l’un de ces précieux livres, il trouve une coupure de journal avec la photo d’une très belle femme, chanteuse, qui annonce la fin de sa carrière. Hypnotisé par cette femme, l’ancien policier s’interroge : qui est-elle, pourquoi a-t-elle mis fin si brusquement à sa carrière ? quel rapport avec cette merveilleuse bibliothèque ? Mario Conde commence son enquête.
Votre avis