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Mercredi 20 mai 2009

Un jeune indien, Ram Mohammad Thomas, vient de vivre une aventure incroyable : il a gagné le jeu « Qui veut devenir milliardaire ». Il se retrouve illico en prison, accusé de tricherie par le producteur du jeu. Comment un jeune serveur, orphelin et inculte aurait-il pu connaître les réponses aux questions de culture générale de ce jeu ? Alors Ram entreprend de raconter sa vie à sa jeune avocate pour lui expliquer comment toutes les épreuves qu’il a vécu lui ont donné les réponses aux questions.

Et Dieu sait que la vie de Ram n’est pas un long fleuve tranquille ! Abandonné à la naissance, il est assez vite adopté, malheureusement sa nouvelle mère ne tarde pas à s’enfuir avec un amant, poursuivie par son mari. Voilà le bébé à nouveau orphelin, et confié à un prêtre catholique qui va lui donner un triple prénom pour ne déplaire à aucune communauté. Ce seront les plus belles années du jeune homme. Mais il a à peine sept ans quand son bienfaiteur est assassiné dans une affaire de mœurs. Le jeune garçon est envoyé dans une maison de correction et les ennuis vont vraiment commencer…

Dans un mélange de tragique et de burlesque, ce roman nous plonge dans l’Inde des humbles : les bidonvilles surpeuplés, le cinéma de Bollywood qui fait rêver, l’exploitation financière et sexuelle des enfants, le mirage touristique, les petits boulots, les combines. Heureusement, il y l’amitié et la solidarité, et surtout l’humour qui permet à Ram de se sortir de bien des situations délicates. C’est l’humour qui fait que cette histoire n’est jamais glauque ou sinistre et qu’on s’attache à ce jeune Indien rusé et malicieux.

D'autres avis : Val - Miss Alfie - Sentinelle - Sylvie - Agnès - Joelle - Dasola - Naina - So - Tamara

Traduit de l’anglais par Roxane Azimi.
10/18, 2009. – 364 p.

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Sur le même thème :
Le tigre blanc d'Aravind Adiga

Par Papillon - Publié dans : Littérature asiatique
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Lundi 18 mai 2009

Un convoi d’hommes se dirige vers une vallée isolée du Japon. Ils ont pour mission de commencer les travaux de terrassement nécessaires à la construction d’un barrage. C’est une vallée sombre et étroite, noyée de brouillard et où court un torrent. Sur le flanc de cette vallée, ils découvrent un village perdu: quelques hautes maisons de bois aux toits couverts d’une épaisse mousse verte. Il est évident que ce village vit à l’écart de la civilisation depuis des années. Et les villageois vont se tenir à l’écart des ouvriers. Chaque communauté observe l’autre avec méfiance et curiosité.

Le narrateur est l’un de ces ouvriers. Il sort de prison où il a purgé une peine de prison pour le meurtre de sa femme infidèle. Il a accepté ce travail dont il sait qu’il va être dur pour mener une vie tranquille loin de sa ville et de ses tentations. Il a peur de la violence qu’il sent en lui. C’est un homme en quête de rédemption. Il va la trouver dans ce village d’une manière tout à fait inattendue.

C’est un texte d’une beauté glaciale. Dès le début l’auteur installe une atmosphère mystérieuse et humide. C’est ce que j’aime chez cet auteur : ce mélange de poésie, de mystère et de fantastique. Il pose ses phrases avec précision comme on dessine un chemin avec des pierres, et écrit un texte intemporel. Ces deux communautés figurent le combat de la modernité et de la tradition. La modernité avec ses machines et ses explosifs va transformer le monde de la tradition qui s’accroche à ses ancêtres et à ses rituels. La modernité va l’emporter mais la tradition se retire avec beaucoup de dignité.


Ys est moins enthousiaste que moi.

Traduit du japonais par Yutaka Makino.
Actes Sud, 2009. – 174 p.

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D'autres romans d'Akira Yoshimura :
- La jeune fille suppliciée sur une étagère,
- Naufrages.


Par Papillon - Publié dans : Littérature asiatique
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Mercredi 19 novembre 2008


Rentrée littéraire 2008

« Notre pays, voyez-vous, au temps de sa splendeur, quand il était la plus riche nation du monde, ressemblait à un zoo. Un zoo propre, bien tenu et ordonné. Chacun y était à sa place et heureux. Les orfèvres ici, les bouviers là, ailleurs les propriétaires terriens L’homme dénommé Halwai fabriquait des sucreries. L’homme appelé bouvier gardait les vaches. L’intouchable nettoyait les excréments. Les grands propriétaires terriens traitaient leurs serfs avec bienveillance. Les femmes se couvraient la tête avec un voile et baissaient les yeux lorsqu’elles adressaient la parole à des étrangers.
Puis, grâce à tous ces politiciens de Delhi, le 15 août 1947 – jour du départ des Anglais -, les cages furent ouvertes. Les animaux s’entr’attaquèrent et se dépecèrent, et la loi de la jungle remplaça celle du zoo. Les plus féroces, les plus affamés, dévorèrent les autres et prirent du ventre. Désormais, seule comptait la taille de votre panse. Peu importait que vous fussiez une femme, un musulman ou un intouchable. Quiconque ayant un gros ventre pouvait s’élever. Le père de mon père était un vrai Halwai, mais quand il hérita la pâtisserie, un membre d’une autre caste la lui vola avec l’aide d’un policier. Mon père n’eut pas le courage de se battre. Voilà pourquoi il tomba si bas, dans la boue, au rang de conducteur de rickshaw. Voilà pourquoi j’ai été spolié de mon destin de garçon gras et affable, au teint crémeux.
En résumé, il y avait autrefois mille castes et destins en Inde. De nos jours, il ne reste que deux castes : les Gros Ventres et les Ventres Creux.
Et deux destins : manger ou être mangé.
»

Ce long extrait est tout à fait révélateur du ton et du thème de ce premier roman qui dresse un portrait au vitriol de l’Inde moderne.

Balram Halwai est donc né du mauvais côté : celui des miséreux et son destin le condamne à se tuer au travail pour gagner quelques roupies qui serviront à nourrir sa nombreuse famille : grand-mère, belles-sœurs, cousines, nièces, et jusqu’à la bufflesse, personnage central de la famille. Mais un jour l’inspecteur d’académie, séduit par son intelligence et sa vivacité, lui donne le titre de « Tigre Blanc », cet animal fabuleux que l’on ne croise qu’une fois par génération. De ce jour, Balram essaie de lutter contre son destin. D’abord en apprenant à conduire pour devenir chauffeur de maître, ensuite en saisissant la chance quand elle passe à sa portée.

Ce roman démarre sur les chapeaux de roue et sur un ton mordant, puisqu’il se présente comme une lettre au Premier Ministre chinois, la Chine étant le grand rival de l’Inde dans la grande course au développement et à la modernisation. C’est féroce, corrosif, méchant, bien loin du politiquement correct. L’auteur nous dévoile tous les dessous du développement express indien dont la corruption et les combines sont les armes maîtresses. Par la suite, le rythme s’essouffle un peu, puisque le lecteur connaît très vite la fin de l’histoire… Mais ça reste une vision de l’Inde qui fait froid dans le dos : une société profondément injuste, immorale, dévoyée, qui broie les faibles pour engraisser les puissants, une Inde qui malgré sa pseudo-modernité et son goût pour les nouvelles technologies reste un pays profondément féodal : des maîtres et des esclaves. Et donc, Balram, avec son désir de renverser le rôle, nous paraît très humain et très sympathique.


Elles l'ont aimé : Lily - Naina - Amanda - Tamara - Fashion


Traduit de l’anglais (Inde) par Annick Le Goyat.
Buchet-Chastel, 2008. – 318 p.

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Pour un point de vue féminin sur l'Inde d'aujourd'hui : Compartiment pour dames d'Anita Nair.

 

Par Papillon - Publié dans : Littérature asiatique
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Lundi 1 septembre 2008




 

 

 

Pour cette lecture de rentrée, le blogoclub avait choisi Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil de Haruki Murakami, roman que j’ai déjà lu et que j’ai donc remplacé par Kafka sur le rivage, du même auteur.

 

Le jour de ses quinze ans, Kafka décide de quitter la maison familiale. Par sa fugue, il espère échapper à une prédiction paternelle angoissante. Il fuit à l’autre bout du pays, espérant retrouver une mère qui l’a abandonné des années plus tôt. Il va atterrir dans une étrange bibliothèque. Au même moment, Nakata, un vieil homme un peu attardé prend aussi la route sans trop savoir où il va. Ces deux chemins vont se rejoindre après bien des aventures.

 

Ce roman, extrêmement riche, revisite le mythe d’Œdipe tout en s’inspirant de vieilles légendes japonaises. Nakata est un double de Kafka, personnage onirique capable de parler aux chats ou de faire pleuvoir des maquereaux. Nakata suit un chemin parallèle à celui de Kafka, comme un bon génie qui doit résoudre les énigmes et aplanir les difficultés. Pour atteindre leur but, chacun d’eux va recevoir de l’aide d’amis improvisés : camionneur un peu rustre pour Nakata, bibliothécaire androgyne pour Kafka. Kafka habite le domaine du réel où les livres sont ses meilleurs amis, tandis que Nakata, qui ne sait plus lire, investit le monde des rêves.

 

C’est un merveilleux roman, qui fonctionne sur le mode de la métaphore, ce qui fait que le lecteur ne s’étonne jamais de rien et s’émerveille à chacune des inventions de l’auteur. Son rythme très lent permet en plus au lecteur d’apprivoiser complètement cette atmosphère très particulière.

 

Pour moi, ce roman est un contrepoint total à La ballade de l'impossible. On y voyait des adolescents piégés dans un cercle de mal-être, d’incommunicabilité et de solitude. Ici, le héros est encore un adolescent, mais il avance. Il ne sait pas trop où il va, son chemin ne sera pas toujours facile, et il devra résoudre des énigmes, mais il est en route vers l’âge adulte.

 

C’est un roman initiatique autant pour le héros que pour le lecteur.

 

L’avis de Gachucha - YueYin - Gambadou - Karine - Essel - Clochette - Domiwind - Florinette -

Toutes les critiques du blogoclub sont chez Sylire et chez Lisa.

 

Traduit du japonais par Corinne Atlan.

10/18, 2007. – 636 p.

Par Papillon - Publié dans : Littérature asiatique
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Lundi 24 mars 2008
ogawa3.jpg Il semble que depuis La formule préférée du professeur, Yoko Ogawa ait rompu aves son univers fantastique. Elle n'a pas pour autant renoncé à ses thèmes favoris : la mémoire, les collections, l'extravagance.

Tomoko a douze ans et doit passer une année scolaire dans la famille de sa tante pendant que sa mère reprend ses études (elle y est obligée par la mort brutale du père). La tante et sa famille vivent dans une immense maison de dix-sept pièces, coincée entre mer et montagne et dontl'immense parc fut autrefois un jardin zoologique. La fortune de la famile provient de la fabrique d'eau minérale que dirige l'oncle et notamment sur la production d'une boisson quasi magique : le Fressy. Cet univers si différent de ce qu'elle connait fait à Tomoko l'impression d'une conte de fées. Tout y semble extraordinnaire : l'oncle est un très bel homme qui roule en Mercedes, la tante est élégante et secrète, la grand-mère Rosa est originaire d'Allemagne, la cousine Mina a pour animal domestique un hippopotame nain sur lequel elle se rend à l'école tous les matins et Madame Yoneda gère la maison d'une main de fer... Pourtant Tomoko découvre vite que la réalité est plus trouble : l'oncle disparait régulièrement, la tante boit et fume en cachette, la  cousine Mina souffre de crises d'asthme qui la conduisent régulièrement à l'hopital.

Chacun, en outre, collectionne quelque chose : Mina colectionne les boites d'allumettes illustrées à partir desquelles elle écrit de petites histoires poétiques, sa mère collectionne les coquilles qu'elle cherche dans les journaux et les revues, la grand-mère collectionne les produits de beauté venus de son pays, l'oncle colectionne les objets à réparer et Madame Yoneda passe son temps à remplir des grilles de concours.

Grâce à cette famille, Tomoko va pourtant ouvrir son esprit. Mina lui fait découvrir les livres en l'envoyant chaque semaine à la bibliothèque, puis lui fait partager son amour du volley. Grand-mère Rosa lui fait découvrir l'étranger et évoque son histoire à l'occasion des jeux de Munich. Madame Yoneda lui ouvre un monde de saveurs. Quant à l'oncle séducteur, il entrouve la porte vers la transgression et les passions adultes.

Au cours de cette année, Tomoko passe de l'enfance à l'adolescence et on devine bien qu'elle ne sera plus jamais la même.

Et c'est un très joli roman que nous offre Yoko Ogawa, une fois de plus. On y retrouve sa plume délicate et son style simplissime et on y rencontre une petite héroïne que l'on oubliera pas de sitôt :

"Si l'on voulait expliquer en quelques mots qui était Mina, on pouvait dire que c'était une petite fille asthmatique, qui aimait les livres qui allait à dos d'hippopotame. Mais si l'on voulait prouver qu'il s'agissait bien de Mina et de personne d'autre, il fallait dire que c'était une petite fille capable de frotter joliment les allumettes."


L'avis de
Chiffonnette.

Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.
Actes Sud, 2008. - 318 p.
Par Papillon - Publié dans : Littérature asiatique
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Le Prix Landerneau 2009

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Un dieu un animal
de
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1er septembre 2009




La tournée d'automne
de
Jacques Poulin

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1er novembre 2009

BORIS VIAN


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