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Dimanche 26 avril 2009

Une femme traîne sa mélancolie dans les rues brûlantes de Calgari, en Sardaigne. Abandonnée par son mari, mère d'un petit garçon mutique, elle meuble le vide de sa vie en imaginant des projets de suicide. Le suicide idéal serait celui qui pourrait passer pour un accident et la dédouaner de la culpabilité d'abandonner son enfant. Tout change le jour où elle fait la connaissance du voisin d'à côté et de son fils.

J'ai retrouvé avec grand plaisir la plume de Milena Agus qui reprend ici ses thèmes favoris : le mal-être qui nous conduit au bord de la folie, la solitude existentielle, la guérison par l'amour. Mais j'ai trouvé que cette histoire-ci, malgré son charme, était un peu forcée, un peu prévisible. Il est peut-être temps pour Milena Agus d'aborder d'autres thèmes ?

Cathulu a aimé, Laure pas, Véro non plus. Si quelqu'un est tenté, ce petit livre est tout prêt à reprendre son voyage...

Traduit de l'italien par Françoise Brun.
Liana Levi, 2009. - 52 p.

Par Papillon - Publié dans : Littérature européenne
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Samedi 18 avril 2009

Ce matin-là, Lorenzo ouvre ses volets sur une campagne enneigée quand le téléphone sonne : son frère Fabio lui annonce que leur père est mort. Lorenzo quitte sa retraite des Abruzzes pour se précipiter à Rome régler la succession de son père, épidémiologiste de renommée internationale. Le jour des obsèques, Lorenzo est abordé par une mystérieuse jeune fille, puis l’appartement de son père est cambriolé, celui de sa maîtresse ravagé. Voilà Lorenzo au cœur d’une poursuite dont l’objet est un mystérieux manuscrit au contenu très polémique…

On pourrait croire que ce roman a été écrit en réponse aux propos scandaleux du pape sur le préservatif… Car c’est de cela dont il s’agit tout autant que de l’avenir de la planète. Il est temps, nous dit l’auteur de mettre un terme à cette folle croissance qui empoisonne la terre, et notamment à la croissance démographique. Lorenzo et Fabio représentent deux avis extrêmes sur la question. Lorenzo, ancien skipper et amoureux de la nature, est le tenant de la décroissance brutale. Fabio, homme politique, s’accroche à son pouvoir, à son confort et refuse d’ouvrir les yeux sur une réalité qui le dérange. L’auteur en profite pour se livrer à une violente critique de la société italienne, qui a élevé la tricherie et le mensonge au rang d’œuvre d’art.

Ce roman italien est autant un thriller haletant qu’une jolie histoire d’amour. Seule la fin ouverte m’a un peu frustrée.

Traduit de l’italien par Myriam Tanant.
Grasset, 2009. – 345 p.

Par Papillon - Publié dans : Littérature européenne
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Dimanche 15 février 2009

Voici un roman dont je ne sais trop comment parler tant il m'a semblé partir dans tous les sens...

D'un côté, un vieux garçon affublé d'un chienne gourmande et d'une aide-ménagère portugaise, qui voue une passion à l'omelette aux pommes de terre et aux lardons.

De l'autre, une bande d'enfants avec leurs petites joies et leurs gros soucis : Juliette se trouve trop grosse, Paul a perdu sa grand-mère, Simon est amoureux et Mathilda se mêle de tout...

Sans la chienne Holstein, jamais les enfants n'auraient rencontré Monsieur Grinberg, et si sa femme de ménage ne s'était pas cassé le poignet, jamais celui-ci n'aurait jamais demandé d'aide...

Voilà un livre qui parle de tout et de rien, et qu'il est donc impossible à raconter. L'auteur y digresse à tout moment dans de longues notes de bas de pages. L'amour, l'amitié, le bonheur et comment le trouver, la difficulté d'être un enfant (et un chien), et comment trouver des réponses aux questions existentielles de la vie. C'est frais, charmant, très joliment illustré et pourtant quelque chose m'a manqué pour que j'adhère totalement...


Merci à Cuné pour l'envoi.

Les avis de Cuné - Leiloona - Cathulu

Traduit de l'allemand par Isabelle Liber.
Illustrations d'Emma Tissier.
Stock, 2008. - 190 p.

Par Papillon - Publié dans : Littérature européenne
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Samedi 17 janvier 2009

Le jour où ses paroissiens lui font cadeau d’un ourson pour son cinquantième anniversaire, le pasteur Huskonen est bien loin d’imaginer à quel point sa vie va en être bouleversée. Il faut dire que le pasteur Huuskonen traverse une mauvaise passe : ses homélies virulentes lui ont valu les foudres de son évêque et sa femme ne supporte plus la vie dans ce trou reculé qu’est Nummenpää, tout au nord de la Finlande. Baptiser son nouveau compagnon Belzéb ne va pas lui rendre les faveurs de l’évêque. Et sa femme va vite trouver insupportable cet animal de compagnie qui envahit sa maison et fit des crottes sur son divan. Quand l’hiver arrive, il faut penser à trouver une tanière pour l’hibernation de Belzéb. Ça va être l’occasion pour Huuskonen d’hiberner lui aussi en compagnie d’une ravissante biologiste, ce qui ne va pas arranger ses relations avec l’évêque, ni avec sa femme.

Voici un roman qui démarre sur les chapeaux de roue dans une scène hilarante et très paasilinienne… Malheureusement, il s’essouffle aussi vite… Paasilinna entraîne son lecteur dans un tour d’Europe, en compagnie de ce couple improbable : un pasteur et un ours. Cette errance, qui a pour but de nous démontrer l’inutilité de la religion pour donner un sens à la vie et la difficulté de trouver un sens à la vie en dehors de toute idée de Dieu, devient vite lassante et monotone. Il semble que le souffle épique et déjanté de Paasilinna se perde dès qu’il quitte la Laponie finlandaise…

Bref, je me suis ennuyée et j’ai du mal à arriver au bout de cette épopée animalo-religieuse dont la dernière phrase m’a laissée pour le moins perplexe…


Bernard a beaucoup aimé, tout comme Laurent, Michel n'a pas détesté, BlueGrey s'est ennuyée.



 

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail.
Folio Gallimard, 2008. – 363 p.


Par Papillon - Publié dans : Littérature européenne
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Lundi 10 novembre 2008

Rentrée littéraire 2008


Est-ce que c’est moi ou est-ce cette rentrée littéraire qui était particulièrement sombre ? J’ai l’impression d’avoir beaucoup lu de romans sur le guerre et le deuil. Et ce premier roman s’inscrit dans la même lignée. Après l’Afghanistan et la Colombie, il m’a conduite en Yougoslavie.

Visegrad est un petit village bosniaque traversée par une rivière tumultueuse, la Drina. Tout aussi tumultueuse est la famille d’Aleksandar, riche de personnages hauts en couleur. La figure dominante de la famille est le grand-père Slavko, grand raconteur d’histoires et communiste pur et dur, toujours fidèle à la figure tutélaire du Maréchal Tito, bien après sa mort.

« Tout ce qui est important au monde, on le trouve dans le journal du matin, dans le Manifeste du parti communiste et dans les histoires qui nous font venir les larmes aux yeux ou éclater de rire, les deux en même temps de préférence. Telle était la sagesse qu'exprimaient les paroles de grand-père Slavko. »

Mais en ce mois d’août 1991, au moment où Carl Lewis bat un record de vitesse, le grand-père Slavko meurt d’une crise cardiaque et ça va être pour Aleksandar le début d’une inexorable dégringolade. Pourtant, chez les Krsmanovic, tout est prétexte à faire la fête : un enterrement, l’installation de toilettes ou la récolte de prunes. On rit, on boit et on danse. Mais une première faille apparaît : première insulte raciale et prise de conscience que le village est un mélange de deux communautés. Et bientôt la guerre ravage le pays et les soldats envahissent le village et la maison.

« Et ils se sont retrouvés menacés de redescendre en division inférieure. Mais cette année-là, personne n’est redescendu. C’est le pays qui est redescendu. Le foot, on s’en moquait. »

Aleksandar découvre qu’il a un « bon nom » : un nom serbe. Mais sa mère est bosniaque : mauvaise pioche. Ses parents décident de fuir en Allemagne. C’est là qu’Aleksandar va faire ses études mais il grandit avec le manque de son pays.

Mon seul vrai reproche envers ce roman est sa densité. Il eut sans doute mérité un vrai travail d’édition pour élaguer un peu toute la volubilité du texte et mettre en valeur la richesse de la plume qui joue sur plusieurs registres et l'intensité des émotions qui naissent de cette histoire foisonnante. C’est à la fois un récit de la guerre, de l’exil, de la famille, de la mémoire et du deuil. L’auteur, qui n’a que trente ans, a visiblement mis toute sa vie et toutes ses tripes dans son premier roman et il a visiblement hérité du talent de conteur de son grand-père. Sa plume est à l’image de cette rivière qu’il vénère : la Drina. Il nous entraîne dans son courant furieux, mais attention à la noyade !


L'avis de Kathel.


Traduit de l’allemand par Françoise Toraille.
Stock, 2008. – 376 p.

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