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Samedi 2 juin 2007

larcenet4.jpgTome 1 – La vraie vie

C’est une jolie libraire rencontrée en rando (oui, on parle de livres en rando aussi !) qui m’a conseillé de ne surtout pas faire l’impasse sur cette série de Manu Larcenet. Soit. Et effectivement, on est bien loin avec cet album de ce que je connais déjà de cet auteur de BD. Pas d’aventure burlesque, ici, ni d’interrogation sur le sens de la vie. Une histoire presque banale, mais qui n’est exempte ni de poésie, ni de fantaisie…

Manu et Mariette ont décidé de quitter leur banlieue de Juvisy, pour s’installer à la campagne, avec leur chat. La vraie campagne, la profonde, vous savez bien : les fleurs, les oiseaux, le silence et l’air pur… Le bonheur, quoi ! Sauf que… Sauf que tout ce silence, quand on n’a pas l’habitude, c’est un peu oppressant. Surtout pour Manu. Heureusement, les merveilles de la technologie moderne vont l’aider à survivre à cet environnement qui se révèle plus hostile que prévu. Grâce à son téléphone portable, il peut rester relié avec ses potes parisiens, voire même entendre le rugissement du périph, le soir au fond des bois… Et puis pour lutter contre les coups de cafard, il y a l’eau de vie de Monsieur Henri, le voisin : un vrai tord-boyaux… Ou à défaut sortir la guitare, car Manu est dessinateur, mais il ne déteste pas jouer de la gratte, sauf que…« Il se passe un truc bizarre… Je joue comme Francis Cabrel… »

Je ne vous dévoilerai pas davantage les aventures de nos héros, mais c’est à mourir de rire. On sent le vécu, dans cette histoire ! D’une part, tous les fantasmes que les gens de la ville nourrissent à l’égard de la campagne, d’autre part, la confrontation à la réalité. A quoi il faut ajouter le portrait particulièrement décapant du parisien stressé, parano, terrorisé par la nature, la vraie, et incapable de survivre sans son psy ! Un seul regret : le personnage de Mariette est un peu transparent…


Dargaud, 2002. – 48 p.

 

par Papillon publié dans : BD / Mangas
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Samedi 19 mai 2007


Avec cette série en 3 volumes j'ai découvert mon premier manga, conseillé par une amie. Première surprise : c'est en noir et blanc. Deuxième surprise : ça se lit de droite à gauche, en commençant par la fin, ce qui demande une petite période d'adaptation ; je me suis surprise à plusieurs reprises à revenir sur mes pas…

Ce manga a ceci d'intéressant qu'il se déroule dans une période de l'histoire japonaise assez mal connue : l'immédiate après guerre, lors de l'occupation américaine. Sous la férule du Général MacArthur, les américains ont entrepris d'imposer la démocratie (un de leurs sports favoris…) dans un Japon de tradition féodale : instauration d'une vaste réforme agraire ruinant les gros propriétaires terriens, privatisation des chemins de fer entraînant le licenciement de plusieurs milliers d'employés, et attaques systématiques contre les partis de gauche…

ayako1.jpgVolume 1
1949. Après plusieurs années de captivité, Jiro Tengé rentre à la maison. Son père, patriarche autoritaire, maître d'un vaste domaine, en partie démantelé par la réforme agraire, l'accueille froidement. Sa captivité a entraîné le déshonneur sur la famille, autrefois respectée. Une étrange tension semble régner sur la famille et Jiro ne tarde pas à découvrir que son père entretient une liaison incestueuse avec sa belle-fille Sué, au vu et au su de toute la famille. De cette liaison est née une petite fille, Ayako, qui ignore qui est sa vraie mère. De son côté; la famille ignore que Jiro est devenu un espion des américains. Il est bientôt chargé d'une mission : participer au meurtre du syndicaliste Tadeshi, qui n'est autre que le petit ami de sa soeur. Mais les choses tournent mal : Jiro est surpris par Ayako alors qu'il lave sa chemise tâchée de sang. La fillette est trop jeune pour bien comprendre ce qu'elle a vu, mais lorsque la police commence à poser des questions, Jiro s'inquiète…

Dès les premières pages, j'ai beaucoup aimé la finesse et la simplicité du trait de Tezuka. Incroyable tout ce que peuvent raconter ces petites images qui s'enchaînent à un rythme rapide, même sans une ligne de texte. L'histoire est complexe et pleine de rebondissements : tragédie familiale, espionnage, politique, énigme policière… Et les nombreux personnages sont particulièrement bien caractérisés : la soeur rebelle, la belle-soeur soumise, la mère effacée, le père lubrique, le frère aîné lâche et cupide, le frère cadet courageux et intègre, les policiers tenaces…

ayako2.jpgVolume 2
Dans ce second volet, l'Histoire passe au second plan, au profit du drame
familial. La famille a compris que Jiro est impliqué dans le meurtre de Tadeshi mais décide de le couvrir pour sauver sa réputation. Pendant que Jiro s'enfuit, le conseil de famille condamne la petite Ayako, âgée de quatre ans, à rester enfermée jusqu'à ce que l'affaire soit enterrée. Ayako est donc cloîtrée dans le sous-sol d'une grange, où les visites quotidiennes de Sué constituent son seul lien avec le monde extérieur. Au début, elle se rebelle puis finit par accepter sa réclusion. Pendant que la petite fille devient lentement une jeune fille, la famille Tengé se déchire autour de l'héritage.

Ce tome est très noir, accumulant les turpitudes sur la famille Tengé (inceste, meurtre, mensonges…) pendant que la pure Ayako est condamné au silence, symbole d'un Japon bâillonné par l'occupant américain.

ayako3.jpgVolume 3
1972. Après vingt-trois ans de captivité, Ayako réussit à s'enfuir par hasard et retrouve son oncle Jiro à Tokyo. La jeune femme est complètement déséquilibrée, ne supportant pas de vivre ailleurs que dans une caisse, se comportant tantôt comme une jeune femme lubrique et tantôt comme une enfant attardée. Jiro, qui s'est enrichi pendant la guerre de Corée, est devenu un patron de la mafia japonaise. A l'occasion d'une guerre des gangs, son passé le rattrape et le commissaire Géta retrouve sa trace…

Ce dernier volume m'a franchement déçue, même si tous les mystères du premier tome s'y trouvent révélés. Le personnage d'Ayako adulte est très dérangeant et le scénario comporte de nombreuses faiblesses… Les personnages tournent à la caricature : très noirs du côté de la famille Tengé et très blancs du côté des policiers. Quant à la fin tragique, elle m'a donné l'impression que Tezuka ne savait pas comment terminer son histoire…

Malgré la déception du dernier volume, ce fut une découverte intéressante que cette série, très riche autant sur le plan narratif que graphique et qui m'a appris bien des choses sur l'histoire du Japon.


Traduit du japonais par Jacques Lalloz.
Editions Delcourt, 2003 et 2004. – 222, 237 et 247 p.


par Papillon publié dans : BD / Mangas
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Mardi 6 mars 2007

Un très joli BD au graphisme noir et blanc qui nous promène dans un univers mi-onirique, mi-fantastique.

Quelque part au Japon, une jeune fille reçoit un cadeau un kimono illustré de chats. La jeune fille adore son kimono mais refuse la demande en mariage du tisseur qui l’a confectionné. Alors il se venge : il tisse un autre kimono, avec des motifs de rats. La jeune fille ne peut plus se promener tranquille : ses chats courent après les rats du tisseur. La querelle s‘envenime et sera mortelle, et l’un des chats du kimono parvient à s’enfuir…

Ce chat va nous entraîner dans un périple jusqu’à Londres, où nous retrouverons Sherlock Holmes en pleine enquête. En chemin, il aura séduit un matelot, puis une petite fille et enfin le célèbre Dr Watson, lui-même. Et un beau jour, il retrouvera enfin le kimono aux chats.

Une histoire qui fait rêver comme un conte oriental, et exalte le pouvoir de l'imagination.


La Boite à bulles, 2007. - 101 p.

par Papillon publié dans : BD / Mangas
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Vendredi 19 janvier 2007

Téhéran 1958. Nasser Ali Khan, musicien célèbre, se rend chez son luthier pour acquérir un nouveau tar (instrument de musique persan, ressemblant vaguement à une guitare), le sien ayant été brisé. Il en essaie plusieurs mais aucun ne lui redonne le goût de jouer. Il se rend alors dans une ville éloignée de Téhéran pour acquérir un tar ancien de très grande valeur. Mais, revenu chez lui, il découvre que cet instrument non plus ne lui redonne pas la plaisir de jouer. Alors il se couche dans son lit et décide de mourir…

C’est un bonheur de retrouver l’univers si particulier de Marjane Satrapi et ses dessins en noir et blanc au graphisme à la fois simple et expressif. Cette histoire est tout simplement bouleversante. L’auteure nous raconte la vie d’un homme au travers de ses relations avec autrui : sa femme et ses enfants, sa mère et son frère, son maître, son amour de jeunesse. Derrière le désespoir de cet homme, il y a une vieille douleur, profondément enfouie dans la mémoire... Mais même dans les moments tragiques, Marjane Satrapi ne perd jamais son humour : le grave côtoie sans cesse le burlesque. C’est pour cela que cette histoire atteint à l’universel.

Cet album a obtenu le prix 2005 du Festival d’Angoulême.


L'association, 2004. - 82 p.

par Papillon publié dans : BD / Mangas
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Dimanche 14 janvier 2007

Tome 3 – Le Météore de Franck Giroud et J.F. Charles.

Ce troisième tome, qui illustre le commandement « tu n’attribueras aucune image à ton Dieu », nous fait remonter le temps, puisqu’il nous transporte en Grèce en 1958. Il neige dans le massif des Météores et un groupe d’érudits se lance pourtant dans une expédition vers le monastère d’Hagios Manolis. But de l’entreprise : retrouver Nahik, ce livre mythique qui fait réver tous les bibliophiles. Pendant ce temps, la police recherche un dangereux psychopathe. S’est-il intégré à l’expédition ?

Changement d’époque et changement de lieu pour un troisième épisode aux allures de thriller. Une expédition marquée par la malchance dont les membres sont frappés les uns après les autres. Qui est le coupable ? Le scénario est mince, mais le suspense au rendez-vous, dans cette histoire marquée à nouveau par le fanatisme religieux, dont le graphisme imite avec bonheur le graphisme des BD des années cinquante.

Editions Glénat – 2001 – 48 p.

 



Tome 4 – Le Serment de Franck Giroud et TBC


Nous continuons à remonter le temps, puisque ce quatrième volume débute en 1937, dans une petite ville de Bosnie. Cinq amis participent à un pique-nique. Il y a là Safet, qui envisage de partir en Espagne pour participer à la guerre contre le franquisme. Au contraire, Vilko pense que le fascisme vaut mieux que le communisme. Quant à Davor,il se moque bien de la politique : il est amoureux de Milena. Quand il découvre qu’elle aime Safet, il s’engage dans les ordres.
 

Nous les retrouvons en 1946 dans la débâche de la fin de la guerre, et dans des circonstances douloureuses. Davor, attaché au Vatican, fait sortir Vilko d’un camps de prisonniers pour l’aider à fuir en Amérique du Sud. En échange, Vilko lui fait cadeau du seul oblet qu’il possède, un livre : Nahik. Puis Vilko doit affronter Milena qui cherche à venger la mort de Safet, abattu par les fascistes.

Cet épisode, à la fois politique et historique, m’a paru de prime abord plus difficile à comprendre, n’étant pas familière avec l’histoire récente de l’ex-Yougoslavie. Histoire d’amour, histoire d’amitié, histoire de vengeance, ce quatrième volume est porté par un graphisme très élégant aux lignes fluides, presque stylisées, qui multiplie les points de vue et les tonalités.

Editions Glénat – 2001 – 56 p.

par Papillon publié dans : BD / Mangas
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