Kathy, Ruth et Tommy ont grandi à l’Institut Hailsham, étrange pensionnat perdu dans la campagne anglaise, où on leur a appris à considérer leur vie comme très précieuse. Dix ans plus tard, Kathy revisite son enfance heureuse et analyse l’impact qu’elle a eu sur sa vie d’adulte.
C’est un roman d’anticipation que nous offre ici Kazuo Ishiguro et c’est un peu déstabilisant au début, car il nous plonge dans un monde déroutant dont nous ne connaissons ni les codes ni le langage. Pendant un tiers du roman, on ne comprend rien à ce qui se passe, mais on persiste parce qu’on s’attache à ces trois ados. Kazuo Ishiguro pratique une esthétique du dévoilement progressif, distillant ses indices au compte-gouttes et ferrant son lecteur à son hameçon…
Ce qui intéresse Kazuo Ishiguro au premier chef ce sont les relations humaines, et notamment cette ambiguïté qui existe souvent entre hommes et femmes, quand le sentiment oscille entre désire et amitié. Il met toujours en avant l’analyse psychologique, le décorticage minutieux, voire obsessionnel, des sentiments à travers le prisme du souvenir.
Dans ce roman d’anticipation j’ai surtout vu une subtile allégoriede la vie humaine, entièrement soumise au destin (dieux, savants ou politiciens : qu’importe, au fond, il y a toujours quelqu’un qui tire les ficelles), où seul l’amour peut éloigner l’idée de la mort. Mais cet amour est destiné à rester espoir, fantasme ou rêve enfui.
C’est finalement une vision assez noire du monde que met en scène Kazuo Ishiguro, puisque la fin révèle que l’art, la culture et l’éducation, loin de nous protéger contre les vicissitudes de l’existence ne font au contraire que nous rendre plus sensibles à la cruauté du monde.
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Traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch.
Editions des Deux terres, 2006. – 441 p.
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Saint-Valentin dans une
petite ville du Middle West. Sherry Seymour trouve dans sa boite aux lettres une petite carte anonyme : "Sois à moi pour toujours". Et soudain cette prof de littérature se sent étrangement
émoustillée... Sherry semble pourtant avoir tout pour être heureuse : le même mari depuis vingt ans, une grande maison en banlieue, une vie qui ronronne. Mais elle vient de franchir la quarantaine,
son fils fait des études à l'autre bout du pays, son père est malade, elle s'interroge sur la vieillesse, le temps qui passe... Et voilà qu'un admirateur inconnu lui envoie des lettres d'amour.
Cette correspondance à sens unique va mettre à jour toutes ses frustrations. Prise dans un jeu ambigu alimenté par les fantasmes de son mari, Sherry ve se trouver embarquée dans une aventure qui la
dépasse complètement.
"Ceci n'est pas un roman", annonce la narratrice dès la première phrase, mais une sorte
de lettre à son frère Johnny disparu en mer trente ans plus tôt. Imogen n'a jamais cru à la mort de son frère, elle a toujours pensé qu'il était simplement parti et elle n'a cessé de l'attendre
pendant toutes ces années. A la mort de son père, et après la vente de la maison familiale, elle hérite d'une vieille malle pleine de papiers. C'est l'occasion de partir à la découverte de
l'histoire familale et de lancer un dernier appel à son frère.
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