Qui suis-je ?

Album photos

Suivre le fil

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mercredi 14 mai 2008

C’est Clarabel qui a, la première, attiré mon attention sur ce roman mais je ne sais pas si je me serais lancée dans
la lecture de ce gros pavé si je n’avais pas découvert incidemment que son auteure, Germaine Beaumont, avait été la productrice de l’émission de radio Les Maîtres du mystère qui fit frissonner les dimanches soir de ma jeunesse. Et c’est donc de mystères qu’il est encore question dans les trois romans regroupés dans ce recueil.


 

Dans La Harpe irlandaise, deux cousines tombent en panne de voiture alors qu’elles se rendent dans la maison de campagne de l’une d’elles. Tandis que Flore, la pragmatique, s’occupe de trouver un garagiste, Laura, la rêveuse, est la proie de sensations irrationnelles qui lui font voir son défunt mari et se sentir étrangement attirée par un grand arbre. Elle découvre ainsi une maison à vendre. L’auteure nous plonge alors dans une atmosphère semi fantastique : un livre choisi au hasard dans une bibliothèque, quelques mots soulignés, une boite de peinture achetée chez un antiquaire, un bouquet de petits signes ramènent inexorablement Laura à cette maison, et vont la forcer à fouiller le passé.

 

Les Clefs démarre sur le même motif : une panne de voiture, un garage, une affiche proposant une maison à vendre. Et voilà comment Frédérique Marshall achète une maison qu’elle n’a jamais vue dans une ville où elle ne connaît personne. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention et de déchaîner la curiosité de ses voisins, les Chauvel. On ne peut s’empêcher à la lecture de cette histoire, de penser à Rébecca de Daphné de Maurier, tant la tension psychologique est intense et monte en crescendo jusqu’à l’insoutenable. Mais il y a aussi du Balzac et du Maupassant dans cette description au vitriol d’une province étriquée et d’une famille avare, avide et cupide.

 

Enfin, dans Agnès de rien, une jeune femme débarque dans la famille de son mari, qu’elle ne connaît pas. Dans une grande maison isolée et vaguement délabrée règne un étrange silence qui couvre quels mystères ?

 

Dans chacune de ces histoires délicieusement démodées, une vieille demeure joue le premier rôle. Quant aux mystères, ce sont bien souvent des secrets de famille, des drames enfouis, des mensonges noyés dans la poussière et sous les toiles d’araignée. Ce sont toujours des femmes qui enquêtent, fortes ou fragiles, souvent seules et abandonnés, puisque les hommes chez Germaine Beaumont ne sont souvent que des fantômes falots, lâches, menteurs et infidèles. On y trouve des mères aussi, malades souvent, protégées par leurs filles, voire maintenues à l’écart de la réalité du monde. Germaine Beaumont a une plume de peintre, capable de décrire avec une précision clinique, et pourtant toute poétique, une buisson de roses en deux pages. Et on trouve dans son œuvre des références aux auteurs anglais qui ont été ses premiers maîtres : poussière à la Dickens, tempêtes à la Brontë, analyse psychologique à la Virginia Woolf. Pas de meurtres, donc, ni de sang mais des frissons garantis. Une très agréable découverte.


 

Elles l'ont lu : Florinette - Sylvie - Lily - Gachucha - Clarabel



Omnibus, 2006. – 831 p


par Papillon publié dans : Littérature francophone
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Lundi 12 mai 2008

Lecture commune du Club de lecture des blogueuses.


Il y avait bien longtemps que je n’avais pas relu Alexandre Dumas et j’avais complètement oublié le plaisir que procure cette écriture à la fois si précise et si sophistiquée du XIXème siècle.

 

Dumas est un incroyable conteur qui dès les premières lignes suscite la curiosité de son lecteur par l’évocation d’une mystérieuse jeune femme croisée à plusieurs reprises au bras de son ami Alfred de Nerval. Puis il laisse la parole à son héros et à son héroïne…

 

Alors qu’il séjourne sur la côte normande, Alfred est pris dans une violente tempête et se réfugie dans les ruines d’une abbaye. Il y surprend une scène étrange. Le lendemain, il apprend que le grand amour de sa jeunesse vient de mourir dans une demeure voisine et se rend à son chevet. Il découvre alors avec stupéfaction que le mari de la défunte, Horace de Beuzeval, n’est autre que le mystérieux inconnu surpris la veille. Qu’est-il arrivé à Pauline ?

 

C’est un vrai roman gothique que nous offre là Alexandre Dumas : tempêtes, ruines, complots. Mais c’est aussi la peinture de cette génération romantique du début du XIXe, atteinte de ce que l’on appela par la suite « le mal du siècle » : jeunes gens riches et gâtés qui cherchent un sens à leur vie et le trouvent dans l’art, l’amour ou l’aventure. Même si cette histoire n’a rien de vraiment original, on ne peut s’empêcher d’être touché par ces trois personnages. Et Dumas, en emboîtant les récits, sait tenir en haleine son lecteur jusqu’au bout. Bref, c’était une lecture parfaite pour les vacances !



 Retrouvez tous les billets sur Pauline chez
Sylire et Lisa.


par Papillon publié dans : Littérature francophone
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander
Mardi 22 avril 2008

 

 



Mira est la princesse héritière d’un petit royaume du Rajasthan. Nous sommes au XVIème siècle et l’Inde hindoue traditionnelle est peu à peu soumise et envahie par les Moghols musulmans. A l’âge de cinq ans, Mira assiste au sacrifice rituel de sa grand-mère, qui suit au bûcher son époux défunt pour devenir sati, c’est-à-dire déesse. Brûlée vive, mais déesse. Peu après, la petit Mira se prend d’amour pour le dieu Krishna dont elle se croit l’épouse. Pour lui, elle chante, elle danse et elle compose des poèmes. A l’âge dix ans on la marie avec le puissant voisin, prince de Mewar. Mais elle ne sera jamais une véritable épouse, ni une véritable princesse. A la mort de son époux, elle refuse de devenir sati et préfère se faire mendiante sous le nom de Mirabaï et danser pour les plus pauvres, se consacrant tout entière à son dieu Krishna.

 

Mirabaï a réellement existé, ses poèmes nous sont parvenus, mais de sa vie on sait peu de choses. Catherine Clément adopte donc le ton du conte pour faire revivre cette figure mythique de l’Inde ancienne, en mêlant fiction et réalité. C’est un beau portrait de femme qu’elle nous offre, une femme qui renonce à ses privilèges et se rebelle contre le sort fait au femme, mais c’est aussi le portrait d’une illuminée, comme seule l’Inde semble en produire. Et c’est ce que j’ai le plus aimé dans ce roman : cette capacité de l’auteur à nous plonger dans une réalité indienne mystique, moite et cruelle, qui n’existe quasiment plus.

 


Editions du Panama, 2007. – 309 p.

par Papillon publié dans : Littérature francophone
ajouter un commentaire commentaires (5)    créer un trackback recommander
Dimanche 30 mars 2008

Si je vous dis que le titre de ce livre est un clin d’œil au Journal de Bridget Jones et que sa première phrase est un hommage à Mrs Dalloway de Virginia Woolf, vous aurez un bon résumé de ce roman.


Si Yaël Koppman commence son journal, c’est parce que sa cousine Clara, éditrice, l’a mise au défi d’écrire un roman de chick litt, sous prétexte qu’elle a le profil. Ce qui n’est pas si sûr…Certes Yaël est l’une de ces trentenaires célibataires, brillantes mais esseulées, qui gardent un œil sur leur horloge biologique, tout en surveillent leur plan de carrière de l’autre. Mais elle semble bien moins préoccupée par la recherche d’un mari que par la résolutions de ses conflits familiaux et de sa crise identitaire. En plus, elle exerce une activité bien peu glamour puisqu’elle enseigne l’économie à l’université. Ses deux idoles sont Keynes et Virginia Woolf. Or l’économiste anglais et l’auteur de Mrs Dalloway ont tous les deux fréquenté le groupe de Bloomsbury, groupe de bourgeois bohêmes qui avaient dans les années vingt créé à Londres une communauté à la fois spirituelle, artistique et sexuelle. Mais c’est à la figure d’Angelica Garnett, nièce de Virginia Woolf et filleule de Keynes; que Yaël va s’intéresser parce qu’elle voit dans cette petite fille solitaire un reflet de sa propre enfance.


Ce petit roman est tout à fait réjouissant, parce qu’il parvient à détourner tous les codes du roman de chick litt, tout en abordant des thèmes très sérieux. Dans son journal, la narratrice mêle les évènements de sa vie privée et les notes sur ses recherches. Il y est question d’amants, de régimes, et de soirées entre copines, mais on y apprend aussi un tas de choses sur ce groupe de Bloomsbury, dans lequel l’auteure voit une préfiguration de toutes les communautés qui fleurirent après mai 1968, communautés dont les enfants trente ans plus tard de devinrent des clients pour les psy…


Finalement, Marianne Rubinstein invente un nouveau genre littéraire : la chick litt intello, où les conflits conjugaux se règlent avec des règles d’économie !


 

Les avis d'Amanda, Lily, Cathulu, Florinette, Lou, Cuné et Clarabel.


 

Sabine Wespieser, 2007. - 214 p.


par Papillon publié dans : Littérature francophone
ajouter un commentaire commentaires (13)    créer un trackback recommander
Mercredi 26 mars 2008

tardieu2.jpgDans son nouveau roman, Laurence Tardieu revient sur un thème qui lui est cher : la disparition, l’absence, le manque, le deuil impossible.


Alice avait cinq ans quand elle a perdu sa mère. « Perdu » est le mot juste puisqu’elle a mis du temps à comprendre la vérité sur cette disparition. Son père, muré dans son chagrin, a toujours refusé d’évoquer le souvenir de sa mère, allant jusqu’à effacer toutes ses traces : photos, tableaux. Alice a grandi et s’est construite sur cette absence, sur ce vide impossible à combler. Jusqu’au jour où son père, sur son lit de mort, révèle un secret : le nom d’un homme que sa mère a aimé, avant de mourir. En partant à la rencontre de cet homme Alice espère retrouver un peu de celle qui fut sa mère.

 

Laurence Tardieu a écrit ce roman comme un long poème, avec ses petites phrases courtes, précises, lancinantes parfois, troublantes souvent, justes toujours. Et pourtant, je n’ai pas du tout été touchée par ce livre. D’abord, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Sans le moindre préambule, l’auteure nous place dans la tête d’Alice où tournent des questions, des milliers de questions, qui poussent le lecteur à la limite de l’angoisse. Ensuite, je n’ai pas trouvé crédible ce père qui ne dit rien, pas un mot sur la disparue pendant vingt-cinq ans, pour lâcher au dernier moment le nom d’un amant. Et quelles sont gênantes, ces questions que se pose Alice sur la relation de cet homme avec sa mère !

 

Bref, je me suis ennuyée (et même endormie, je l’avoue !) avec ce roman pourtant si court et si joliment écrit.

 

La très jolie critique de Sylvie, qui a beaucoup aimé.

Elles ont aimé aussi : Clarabel, Emeraude, Fashion, Amanda.

Mais Chiffonnette s'est ennuyée, elle aussi.

 

 

Editions Stock, 2008. - 159 p.


par Papillon publié dans : Littérature francophone
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander

Quoi de neuf ?


27 juin :

c'est la date limite
pour voter pour le

undefined
Pour connaître tous les détails,
cliquer sur l'image

------------------------------------


Club de lecture des blogs

1er Juillet 2008



Un été prodigue
de
Barbara Kingsolver

Rechercher

M'écrire

papiillon[at]hotmail[point]fr
 
compteur de visite sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus