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Jeudi 14 février 2008

camon-copie-1.jpgFerdinando Camon est un écrivain italien qui se définit lui-même comme un "écrivain du prolétariat". Il se propose ici de faire le récit de son analyse qui a duré sept ans. Mais il ne s'agit pas vraiment de son analyse, mais d' une analyse. Le récit n'est pas vraiment linéaire mais découpé en séquences : la souffrance ou plus exactement les symptômes physiques qui révèlent une maladie psychique, les premières tentatives de thérapie avec des psy aux méthodes parfois complètement surréalistes, le choix enfin d'un analyste, celui avec lequel va se nouer cette relation très particulière qui est la trame essentielle de l'analyse, celle qui va porter tous les motifs du travail analytique. Début d'analyse, analyse de rêves, fin d'analyse, séparation d'avec le psy, guérison ?

"Le succès de l'analyste ne tient pas tant à ce qu'il sait qu'à ce qu'il est."

J'ai été un peu déçue par ce livre parce que je n'y ai pas retrouvé ce décodage du comportement humain qui m'avait tant plu lors de mes lectures de Yalom. Irvin Yalom donne dans ses romans un point de vue et une analyse d'analyste alors que Ferdinando Camon se place dans la position de l'analysant. Mais ce que j'ai trouvé très intéressant dans ce livre, c'est qu'à travers son analyse, racontée avec autant d'humour que de dérision, Camon se livre à l'analyse de la société dans laquelle il vit. C'est l'Italie à la fois catholique et communiste des années soixante-dix, sur fond d'attentats des Brigades Rouges et de féminisme militant. Société en pleine mutation et famille en pleine révolution : le mâle italien se désespère de perdre sa place, ce que l'auteur résume parfaitement par cette formule : "Le mal, le mâle".

J'ai bien sûr retrouvé dans ce récit beaucoup de ce que j'ai moi-même vécu en analyse, mais je crois y avoir plus appris sur l'Italie que sur la psychanalyse.

Le point de vue de Valdebaz.


Traduit de l'italien par Yves Hersant.
Folio, 1987. - 217 p.
par Papillon publié dans : Psychologie / Psychanalyse
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Mercredi 30 janvier 2008

Histoires de psychothérapie.


yalom3.jpgDécidément, je n’arrive plus à me passer de ce bon Docteur Yalom, dont j’aime vraiment l’écriture, qui rend accessible à tous le concept de psychothérapie, ce qui nous change agréablement du jargon habituel des psy. Après avoir lu deux de ses romans, je me suis attaquée cette fois-ci à un ouvrage d’un autre genre puisqu’il s’agit de récits de psychothérapies.

Irvin Yalom présente ici dix patients qu’il a eu à traiter. Mais bien au-delà de cas pathologiques, ces dix récits racontent dix histoires d’êtres humains qui souffrent, qui ont à affronter un deuil, un échec, une maladie, une angoisse, un vide existentiel. Donc chacun d’entre nous peut s’y reconnaître et y découvrir une clé pour comprendre pourquoi les relations humaines sont parfois si compliquées, pourquoi nos réactions sont parfois si irrationnelles, comment ce que nous taisons nous empoisonne souvent la vie…

Il nous montre aussi que le psychothérapeute ne sait pas tout, n’est pas tout puissant, n’est pas infaillible et que son métier est un perpétuel apprentissage, un thème qui était déjà très marqué dans ses deux romans. J’ai beaucoup aimé la façon dont il montre que chaque patient aide le psychothérapeute à apprendre quelque chose sur lui-même, de même que nous grandissons à travers les liens que nous nouons avec autrui.

Il y a beaucoup d’espoir dans ce livre parce ces dix personnes finissent toujours par trouver la clé pour sortir de leur mal-être, et dans certains cas le changement paraît presque miraculeux…

Je l’ai lu comme un roman parce que ce livre contient tous les ingrédients d’une bonne histoire : émotion, suspense, aventure (intérieure mais aventure quand même) et amour. Je le conseille à tous ceux qui veulent savoir à quoi sert une psychothérapie.

Traduit de l’américain par Anne Damour.
Galaade Editions, 2005. – 300 p.

 

par Papillon publié dans : Psychologie / Psychanalyse
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Mardi 27 février 2007
Edouard Zarifian, psychanalyste, professeur émérite de psychiatrie et de psychologie médicale à l’université de Caen, vient de mourir à l'âge de soixante-cinq ans. Il avait notamment publié Les jardiniers de la folie, Des paradis plein la tête et La force de guérir. C'est l'occasion pour moi de vous parler de son dernier ouvrage.

Le goût de vivre est  un livre de psychologie très intéressant à lire. D’abord, parce qu’il se lit facilement, contrairement à beaucoup de livres du genre. Ensuite, parce qu’il a visiblement été écrit en réaction à un certain discours des neurobiologistes qui tendent à nous expliquer que la biologie sera bientôt capable d’expliquer tous les comportements humains, y compris l’amour, et que toutes les maladies mentales pourront se soigner grâce aux médicaments. L’auteur développe un autre discours en expliquant que si le cerveau et son fonctionnement sont communs à toute l’espèce humaine, le psychisme, lui, est propre à chaque individu. Le psychisme se construit sur le réel, le symbolique et l’imaginaire. Il est invisible et imperceptible. Le seul moyen d’accéder au psychisme d’autrui c’est la parole. La parole, d’ailleurs, ne se limite pas au langage mais englobe les gestes et les attitudes. Et donc, pour soulager sa souffrance psychique, il faut réapprendre à parler avec autrui. Parler avec ses proches, dans les cas les moins graves et parler avec un professionnel de la santé mentale dans les cas pathologiques.

Et cet ouvrage remet les choses en place à propos d’une certaine utilisation que l’on fait actuellement de la psychologie. L’auteur nous y explique qu’il n’y a a pas de recette miracle pour guérir de ses problèmes psychologiques : il faut travailler sur soi, ce qui demande certes un effort et du courage, mais se révèle bien plus payant que de faire confiance à des gourous du bien-être.


Odile Jacob - 2005 - 236 p.

par Papillon publié dans : Psychologie / Psychanalyse
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