Voilà, c'est fait : j'ai lu mon premier roman de Jean-Philippe Blondel.
Juke-box est basé sur un principe à la fois simple et charmant : un narrateur raconte sa vie, en courts chapitres dont chacun est illustré par une chanson. Mais il y a presque deux romans dans ce livre-là… Au début un très jeune narrateur et une petite voix scandent des souvenirs d'enfance : les vacances à la mer, le dimanche chez la grand-mère, la première surboume et les premiers cours d'anglais… Et l'auteur doit être à peu près de la même génération que moi car je connais toutes ces chansons par cœur et nous avons quasiment les mêmes références : les photos en noir et blanc et les 45 tours en vinyle, les écoles non mixtes et les R16, le papier peint orange et Jack Kerouac. Le jeune narrateur a quelque chose de touchant, quelque chose du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, mélange de naïveté, d'innocence et d'inquiétude latente. Et ce narrateur c'est un peu moi : moi aussi j'ai passé le 2e triton, eu une correspondante et une mobylette 103 Peugeot. Ce Juke-box, c'est ma boite à souvenirs : comment ne pas l'aimer, sourire et soupirer ?
Merci, Cuné. C'est sans doute le roman dont j'avais besoin en ce moment...
Pour Berberova, je ne trouve pas qu'elle soit si intellectuelle (rien à voir avec James, par exemple), mais elle écrit très bien. Et il y a beaucoup de non-dits : des sentiments très forts sont latents mais jamais exprimés. Toi qui aime les nouvelles, tu devrais essayer Les chroniques de Billancourt. Je crois que tu aimerais ces petites tranches de vie.
Pour Boulgakov : oui, ça se lit très bien et je m'amuse beaucoup, mais je ne sais pas du tout où il veut en venir. Bizarrement, ça me fait beaucoup penser à Mulisch...
merci - merci infiniment..c'est je crois aussi la plus belle critique qui ait été faite sur ce roman ( avec celle d'un journaliste de l'Alsace)..je suis très vulnérable sur les critiques faites à ce roman, alors que je veux bien tout accepter sur les autres - simplement parce que Juke-Box n'est presque pas un roman - c'est ma vie, je ne l'ai jamais caché - et c'est pour ça qu'au début je ne voulais pas le publier - je ne voyais pas ce que les autres allaient y trouver - vous avez magnifiquement rendu la rupture entre les deux parties du livre ( qui en a troublé certains) , ou quand le générationnel devient le personnel et l'intime. Voilà, merci encore et dansez-y
jp


Je t'embrasse fort.
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Très hors sujet, je vois que tu te lances dans Boulgakov, j'en ai lu un tiers, ça se lit bien, mais je n'ai pas accroché.
Tu cites également Nina Berberova, tu me connais un peu, tu crois que ça me plairait, ou c'est trop littéraire ou poétique pour moi ?