Vous rêvez de devenir écrivain et vos tiroirs débordent demanuscrits ? Pas sûr, alors, que ce livre soit pour vous :il laisse un peu à penser que la manie d'écrire est une sorte de maladie incurable qui surgit à l'adolescence et dont les symptômes sont
multiformes et douloureux...
Le narrateur, Phil Dechine, est donc écrivain : "Ma vocation d'écrivain est une conséquence directe de mon échec dans la carrière de super-héros". En dix chapitres, il va nous raconter la course
d'obstacles qui l'a mené du premier manuscrit au premier article dans la presse, le tout avec un sens aigu de l'autodérision et une foi chevillée au corps en son destin de futur génie de la
littérature. Il ne nous épargne ni son premier rendez-vous chez son éditeur ("En conclusion, je dirais que c'est mauvais, c'est très mauvais. Mais je crois que vous pouvez vous améliorer. Vous vous
en sentez capable ?"), ni son premier Salon du livre (grand moment de solitude), ni sa première télé ("L'écran de télévision ? Une ligne de démarcation entre deux maladies psychiatriques. Devant,
vous êtes voyeur, derrière, vous êtes exhibitionniste. L'intérêt de publier un livre est généralement de vous guérir de la première en vous faisant contracter le seconde."), ni la remise de son
premier prix littéraire.
C'est une vision décapante, parfois un peu exagérée, du monde de l'édition et de ses rouages invisibles, à lire comme un joyeux divertissement.
Votre avis