Une jeune bibliothécaire est engagée par un richissime couturier japonais pour classer sa bibliothèque. Cette bibliothèque occupe un étage entier d’un ravissant hôtel particulier du
18e arrondissement et a la particularité de ne contenir que des ouvrages traitant de météorologie, et plus exactement de nuages. Bien évidemment Virginie Latour ne connaît rien aux nuages,
pas plus que vous et moi. Alors Akira Kumo entreprend de lui raconter l’histoire des nuages, ou plus exactement de tous ceux, hommes de science ou artistes, qui se sont un jour intéressés aux
nuages.
Et voilà comment le lecteur, à la suite de Virginie, se trouve embringué dans une série d’histoires plus palpitantes et émouvantes les unes que les
autres. Nous faisons notamment connaissance avec Luke Howard, humble et modeste quaker, qui eut le premier l’idée d’établir une classification des nuages. Nous rencontrons ensuite le peintre
Carmichael qui s’acharna toute sa vie à tenter de peindre les nuages, avant de suivre Richard Abercrombie dans le tour du monde qu’il entreprit dans le but d’établir un catalogue des nuages et
dont il revint avec le très mystérieux « Protocole Abercrombie ». Mais il y a aussi des histoires de nuages beaucoup plus délétères : le nuage de l’explosion du Krakatoa et, bien
sûr, le nuage d’Hiroshima, à l’origine de la passion d’Akira Kumo pour ce complexe phénomène météorologique qu’est un nuage…
J’ai retrouvé avec un vrai bonheur la plume élégante de Stéphane Audéguy, que j’avais découverte dans Fils unique. Son roman semble partir
dans toutes les directions en imbriquant plusieurs histoires, toutes plus fantasques et irréelles les unes que les autres, et pourtant il est admirablement bien construit, comme la fin le
révèlera, qui verra la boucle se boucler. Ce roman est une petite merveille d’imagination et de style.
Elles en parlent : Sylvie - Katell - Cathulu - Moustafette
Gallimard, 2005. – 320 p.


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